Blog du Secours Populaire de Seine & Marne

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mardi 26 janvier 2010

Mission Dargo 3

Lundi 25 janvier

Ce matin à la fraîche (23°), Brigitte et moi partons choisir des objets de l’artisanat burkinabé dont la vente aidera au financement du projet à Dargo. Après quelques instants d’attente sur le goudron, un taxi s’arrête, nous lui indiquons notre adresse de destination : prés de la BIB siège ( il faut comprendre près du siège de la Banque internationale burkinabé) et à côté du canal . Le chauffeur semble connaître et nous traversons Ouaga rapidement. Issa, notre négociant,nous attend et nous voilà parties visiter toutes les échoppes de 9h à 12h, ça et là nous choisissons des objets qu’issa fait mettre de coté. Au bout de deux heures, nous ne savons plus ou nous en sommes de notre choix (masques, statuettes, sacs, bijoux, tissus…) et nous commençons à fatiguer mais il nous faut continuer car Issa, revendeur sur ce marché, se doit de nous faire entrer dans chaque boutique. Enfin nous arrivons dans la sienne où nous choisissons quelques objets et bijoux et nous lui proposons d’aller boire quelque chose. Nous nous installons au jardin qui est un lieu calme à l’écart de la poussière du marché et dans la verdure. Nous en profitons pour nous restaurer, Brigitte prend un poulet Yassah et moi une salade puis nous partons au village des artisans qui est un endroit bien organisé où nous pouvons circuler sous des galeries à l’abri du soleil. Nous ne rencontrons dans les allées que des nasaras (blancs) et nous achetons quelques objets puis nous nous rendons à la boutique, les prix y sont très élevés, c’est un endroit pour touristes.

Retour à l’hôtel où nous prenons le temps de boire un jus de mangue avec de l’eau, il fait vraiment très soif, nous pensons aussi qu’il fait plus chaud (36° à l’ombre à 17h), Issa arrive à 17h30 avec un nombre impressionnant de sacs, nous nous installons dans la partie restaurant de l’hôtel, il déballe petit à petit ses sacs, Brigitte note sur l’ordinateur les objets retenus ainsi que le prix et le nombre. Le patron de l’hôtel intervient car il va être l’heure du repas et nous gênons le passage, nous nous replions dans la chambre de Brigitte et arrive le choix des bijoux, Issa n’en finit plus d’ouvrir ses petits paquets puis nous passons aux pagnes et derniers objets, nous n’en pouvons plus, les achats sont terminés, Issa remballe les quelques objets que nous n’avons pas pris, il est 20h45. Brigitte propose d’aller dîner, nous prenons le temps de prendre une douche avant le repas car la poussière s’est bien incrustée sur nous. Il est 22h30 lorsque nous sortons du restaurant, il n’y a plus grand monde dans les rues, il est temps d’aller nous reposer.

dimanche 24 janvier 2010

Mission Dargo 3

Vendredi 22 janvier

Nous profitons du calme et de la fraîcheur à l’hôtel Zem Batik pour poursuivre la rédaction de nos comptes rendus. A 10h nous revoyons Mr BATIONO, chargé de mission au cefcod. Nous lui faisons un compte rendu de notre mission à Dargo de nos impressions positives sur le travail de l’association Nazongdzonga. La sensibilisation à l’eau saine a été faite sur 1550 personnes ainsi que les différentes formations (alphabétisation du responsable de Nazongdzonga, formation en informatique, formation à la gestion). Nous lui commandons l’évaluation demandée sur le projet de la Francophonie tout en lui disant que nous ne pouvons pas encore nous engager sur la somme étant donné que nous attendons le feu vert de la Francophonie à Paris pour insérer dans le projet cette évaluation faite hors délai. Nous l’informerons de notre décision le plus rapidement possible car l’évaluation doit être faite dans un délai très court. Après notre entrevue, nous recevons un appel téléphonique de Mr Guégdébé qui avait été mis au courant de notre problème par le Secrétaire général de la Francophonie M Konaté , que nous avions rencontré à Ouagadougou. La réponse est positive, Mr Guégdébé nous dit être très content du projet Francophonie, qui a été mené à son terme. Il estime donc que nous pouvons faire réaliser l’évaluation finale hors projet.

Après un rapide repas pris sur le goudron (au bord de la route goudronnée), nous reprenons notre travail de rédaction et à 15h Joseph vient nous chercher avec un taxi loué à la demie journée (5000FCFA = 7,5€) pour aller à nos différents rendez-vous et faire quelques courses personnelles mais nécessaires (pharmacie, rien de grave) Nous avons rendez vous à la caisse nationale de sécurité sociale où nous rencontrons le responsable chargé des cotisations retraites pour évoquer le problèmes des cotisations (juin décembre 2007) de Joseph qui n’ont pas été versées par le SPF burkinabé et qui ont entraîné des pénalités puis les cotisations 2008 que le SPF de Seine et Marne ne pouvait pas verser n’étant pas l’employeur. Après discussion, le chef de service propose que nous versions les cotisations de l’année 2008.

Deuxième rendez-vous : la Fédération des caisses populaires pour connaître les modalités et le prix d’un virement depuis la France. Ils vont nous envoyer les documents par internet. Nous prenons un peu d’argent au distributeur automatique, achetons la crème calmante pour la peau et nous filons vers la grande mosquée à la recherche d’une boutique, connue par Thomas, qui vend une crème de karité qu’il a l’habitude de rapporter pour des femmes en France. Heureusement que les Burkinabé sont serviables car au milieu de tous ces petits commerces, il ne nous a pas été facile de trouver cette boutique (maintenant nous avons un plan). Retour à l’hôtel ,bien poussiéreuses, après avoir respiré quelques bouffées de gaz d’échappement (à Ouaga on voit l’air qu’on respire…)

Samedi 23 janvier

Journée studieuse, après avoir réfléchi au problème des cotisations retraites de Joseph, nous avons décidé que le SPF devait lui régulariser l’année non payée. Il ne viendrait pas à l’idée des responsables de l’association SPF de salarier en France une personne sans la déclarer ni lui payer ses cotisations sociales. Nous avons compté l’argent restant et l’avons réparti en 4 : une somme d’argent pour la fin de mission La cotisation pour la retraite de Joseph La remise d’argent pour démarrer le projet de Pag la Zaka Une somme d’argent pour acheter des objets dont les bénéfices reviendront au projet à Dargo.

Après la séance financière, nous nous sommes replongées dans le rapport final de la Francophonie et le compte rendu des différentes réunions de travail que nous avons eu avec Pag la Zaka. A 16h30, nous avions terminé ce travail avec un petit arrêt pour le repas de midi dans un tout petit maquis (restaurant) ou nous avons mangé un très bon riz sauce + eau pour 1300FCFA (moins de 2€ pour nous deux). Il était trop tard pour aller au marché artisanal, nous avons fait une pose, la première depuis notre départ et le soir nous sommes allées manger un succulent poulet à l’ail avec de frites, un peu cher (8 800 FCFA soit 13€ pour 2) quelle folie !!!, demain nous serons plus raisonnables et retournerons au maquis pour 2€.

Dimanche 24 janvier

Ce matin nous devions aller au marché artisanal, c’est remis à ce soir. Nous reprenons nos relectures et finissons nos comptes rendus, blog…pour envoyer le tout aujourd’hui par Internet. Cet après midi nous avions rendez vous avec Joseph pour voir les dégâts causés par les inondations de septembre ainsi que quelques personnes aidées par l’aide d’urgence envoyée par la fédération du SPF de Seine et Marne et les comités Meaux et Pontault Combault. Nous avons d’abord rencontré un infirme dû à la poliomyélite, sa maison en banco a été totalement détruite et qui n’a pas assez d’argent pour reconstruire. Nous visitons ensuite trois autres familles qui ont eu une partie de leurs bâtiments détruits, pour l’une d’entre elle, l’association la Fijas a reconstruit vu l’urgence avec le financement SPF77. De très nombreuses familles ont tout perdu à Ouagadougou, certaines vivent encore sous les tentes, l’Etat intervient en leur donnant une parcelle et un peu d’argent pour débuter la construction.

Les familles les plus pauvres ne peuvent pas se payer de parpaing et reconstruisent en banco. Il faut savoir qu’on fabrique les briques de banco à partir de la boue séchée sans autre aditif comme la paille par exemple. Au contact de l’eau, qui monte dans les rues faute de pouvoir pénétrer rapidement dans le sol très sec, la base des maisons en banco se retransforme en boue. On voit cependant de plus en plus de maisons en parpaing construites par des fonctionnaires et commerçants, personnes qui peuvent obtenir des prêts. Vu l’heure tardive de la fin de notre visite, nous rentrons à l’hôtel. Nous nous proposons de lancer un appel pour aider M Kabore , infirme, à reconstruire sa maison.

samedi 23 janvier 2010

Mission Dargo 3

Mardi 19 janvier

Dès 9h +, nous retrouvons les femmes du bureau de Pag la Zaka pour construire le projet qui est de renforcer la banque de céréales . Il faut 1 sac de céréales de 100kg pour une famille de 10 personnes par mois, 1sac de mil coûte 13 000 FCFA soit 20€ et un sac de maïs coûte 18500FCFA. La banque vend les céréales à un prix social. 5 femmes sont présentes dont la présidente : Joséphine Bikienga, les autres arrivent peu à peu certaines avec leur bébé. 8 hommes sont présents car ils ont l’habitude d’appuyer les femmes dans leurs activités

Les femmes ont décidé de renforcer la banque de cérales par un projet d’engraissement de moutons ; les bénéfices de la vente iront à la banque de céréales , ce qui permettra d’acheter plus de grains. Elles construisent le projet entre elles en se posant et en répondant à des tas de questions : achat de moutons + des sacs de son + vaccination et engraissage et revente, qui fait quoi, comment…. Les femmes souhaitent avoir des formations : 2 personnes par groupement soit 32 femmes recevront une formation à la gestion et 25 auront une formation technique à l’élevage du mouton. Le projet va avoir des retombées économiques sur 600 femmes et leur famille mais aussi sur la population de Dargo. Nous abordons avec elles les problèmes de virement bancaire, elles ont un compte à la caisse populaire de Dargo, puis nous voyons les modalités de communication régulières entre la France et Dargo. La réflexion et la réactivité de ces femmes nous semble un atout pour la réalisation de ce premier projet qui va servir d’exercice pour monter un projet, d’ici la fin de l’année, avec un bailleur institutionnel ou privé. ( avec l’appui technique du SPF mais sans son financement).

Nous terminons la réunion en leur offrant des « sucreries » (boissons sucrées)

L’après midi nous rendons visite à l’école qui entretient une correspondance avec le Conseil municipal des enfants de Vaux le Pénil. C’est une école à 5 classes dont deux salles sont en soko (salle en paille recouvert d’un toit de paille) ; les élèves sont entre 48 (pour les CP1 et 2) et 72 élèves par classe. Ils étaient en plein travail et semblaient très sages comme le montre la photo. Nous rentrons à Boulsa et mettons le projet (narratif et financier) par écrit en tenant compte de toutes les réponses faites par les Femmes de Pag la Zaka

Mercredi 20 janvier

Avant notre réunion avec le bureau de Nazongdzanga, nous passons à la caisse populaire de Dargo pour connaître des possibilités de transfert d’argent à partir d’une banque française en choisissant la solution la moins onéreuse. Nous irons, en fait, au siège des caisses populaires à Ouagadougou pour obtenir les renseignements précis et documents à remplir. Nous retrouvons ensuite Jean, Tinda et Ernest trois principaux responsables du bureau de Nazongdzonga, il manque Joséphine qui s’est faite excusée. Nous abordons le sujet des recettes inférieures aux dépenses en salaires sans compter les réparations à venir. Il faut trouver des solutions car si l’association peut fonctionner l’année 2010 avec ses fonds de réserve, elle risque d’avoir des difficultés en 2011. Les membres du bureau proposent d’augmenter le prix de la barrique en le passant de 60FCFA à 80FCFA pour une barrique de 200l (pour comparaison une banane coûte 50FCFA et une bière 600FCFA) et de rémunérer les fontainiers en pourcentage des ventes pour les inciter à vendre plus. Il faut aussi poursuivre la sensibilisation à l’eu potable. En fin de matinée, nous avons été reçus par le maire Dargo qui a évoqué avec nous les problèmes de la commune en particulier celui des sacs plastiques qui est un fléau pour les animaux qui meurent étouffés en les mangeant. Il nous parle aussi du problème scolaire lié au fait qu’il n’y ait pas de lycée à Dargo ce qui oblige les familles à envoyer leurs enfants à Boulsa (35km) en pension ce qui représente un coût trop élevé pour beaucoup de familles. Les enfants arrêtent souvent les études à la fin de la 3eme et sont sans métier. Le maire nous dit que sa commune est pauvre et qu’il compte sur des associations comme Nazongdzonga pour renflouer les finances en prélevant un pourcentage des bénéfices. Nous lui répondons que si l’association n’a pas assez d’argent pour payer de grosses réparations, lui prélever une cotisation risque de la mettre en difficulté. Il espère que ces problèmes d’argent ne sont que passagers ; Nous repartons avec un cadeau du maire : deux poulets que nous donnerons au restaurant le soir pour qu’il nous les prépare car nous avons deux invités : Tinda et Christophe le comptable de la mairie de Dargo.

L’après midi nous rencontrons, avec deux représentantes des femmes de Paz la Zaka, les responsables de la maison des femmes, association qui regroupe les femmes des 8 départements du Namentaga. Les activités de cette association sont l’apprentissage de métiers, l’alphabétisation, les manifestations diverses comme la journée de la femme. Nous faisons part du projet avec les femmes de Dargo et Chantal, membre de Paz la Zaka détaille le projet. L’association propose d’apporter, si nécessaire, une aide aux femmes de Dargo.

Jeudi 21 janvier

Dernière rencontre avec les femmes du bureau de Paz la Zaka (toutes ne sont pas présentes, il y a deux mariages à Dargo car le curé est de passage)

Tinda, qui nous a servi d’interprète tout au long des autres réunions, traduit en moré le projet initial, les femmes discutent point après point, demandent certaines modifications tant dans leur gestion de l’élevage que dans des aspects financiers. Elles choisiront en assemblée et en réunion de bureau les femmes, dans chaque groupement, qui prendront en charge un mouton et proposent que ces femmes soient rémunérées. Nous leur rappelons qu’il est essentiel qu’elles tiennent à jour leurs cahiers de réunion, les comptes rendus d’activité. Ces documents seront une preuve qu’elles sont capables de gérer un projet lors du montage du projet avec bailleur extérieur.

Brigitte est allée voir l’infirmier pour obtenir des renseignements chiffrés concernant la santé, ils sont à Boulsa mais l’infirmier lui confirme les progrès….. Nous prenons rendez-vous pour le mois de novembre et nous nous disons au revoir. Tinda nous emmène voir le buisson sacré pour faire un vœu et nous devons nous engager s’il réussit à acheter une chèvre à pelage rouge pour le sacrifice, nous voilà entrées dans les coutumes burkinabé…Brigitte a su que son vœu a réussi donc elle achètera une chèvre pour le sacrifice.

Nous prenons un dernier repas avec Jean, Tinda et Ernest, toutes les femmes sont parties aux mariages. Au cours de ce repas, ils nous apprennent qu’ils font de la solidarité en aidant des enfants à manger à la cantine, en payant leur scolarité, ils ont envoyé 5000FCFA pour soutenir les populations en détresse suites aux inondations catastrophiques de l’automne au Burkina Faso. Nous reprenons la route pour Ouagadougou où nous arrivons dans les embouteillages par 29° à 18h. Nous retrouvons avec plaisir un hôtel sans poussière, on a un peu l’impression de rentrer à la maison….

vendredi 22 janvier 2010

Mission Dargo 3

Samedi16 et dimanche 17 janvier

Après un départ à 7h du matin et une piste affreuse jusqu'à Pouytenga, nous sommes à Fada vers 9h30. Nous ne trouvons pas le chemin local de Teebo, téléphonons à Djara qui nous dit de nous installer à la mission protestante, petit havre de verdure où il nous rejoint rapidement. Nous lui posons plein de questions sur nos filleuls et sur la marche de l’association, il nous répond très à l’aise et avec une maîtrise des connaissances concernant les enfants parrainés. Nous partons pour le local en prenant une route goudronnée, premier changement nous en verrons d’autres à Fada, la ville bouge. Plusieurs filleuls nous attendent, nous visitons les nouveaux locaux qui sont très bien : une vaste salle, qui sert pour les réunions, les fêtes et regarder la télévision et deux petites salles, une qui accueillera les ordinateurs et l’autre déjà ouverte qui sert de bibliothèque où les filleuls peuvent venir emprunter des livres. L’après midi beaucoup de filleuls sont rassemblés dans la grande salle et nous accueillent, il y a beaucoup de petits nouveaux, quelques grands nous reconnaissent. Certains nous demandent des nouvelles de leurs parrains et marraines et nous expliquent où ils en sont dans leurs études.

Dimanche nous emmenons nos filleules et quelques autres au marché avec une pause restaurant car 3h de marché nous ont épuisées mais nos filles sont très contentes, en fin d’après midi nous les raccompagnons dans leur famille et allons dire au revoir à Djara chez lui où nous avons le plaisir de revoir sa femme et ses enfants Sosthène et Séphora.

Lundi 18 janvier

Départ 7H pour Dargo où nous attendent les femmes de « Pag la Zaka ». La réunion consiste à mieux connaître les activités des groupements de femmes. Il faut savoir que cette association, devenue coopérative agricole, comprend 16 groupements de 20 et 40 femmes chacun qui ont une ou plusieurs activités comme du maraîchage, de l’embouche, de la transformation de produits ou de la vente au marché. Ces groupements ont adhéré peu à peu depuis 1999 à l’association. Elle gère une banque de céréales qui permet aux femmes d’acheter moins cher que sur le marché. C’est cette banque que les femmes veulent pouvoir développer par des revenus issus d’une activité commune car leurs réserves en céréales ne sont pas suffisantes au moment de la soudure (avant les prochaines récoltes) surtout si la saison des pluies n’a pas permis suffisamment de récoltes.

L’après midi, nous devons voir le maire mais après une longue attente nous apprenons qu’il nous recevra mardi à 8h. Avant de quitter Dargo, nous nous arrêtons à la fête des « masques » qui sont des gens de Dargo dont personne ne connaît l’identité. Ils ont de grands bâtons et parfois frappent les spectateurs de leurs danses. Ils jettent aussi des sorts. De retour à Boulsa, nous préparons notre séance de travail avec les femmes en vue de la préparation du petit projet.

Mission Dargo 3

Jeudi 14 janvier

Départ avec Joseph pour Dargo via Boulsa où nous arrivons à 12h. après avoir déposé nos bagages aux «Cases Boulsa » et pris un en cas nous partons pour Dargo. Nous constatons le long de la piste que des lignes électriques ont été installées jusqu’à Dargo le progrès arrive…Nous sommes accueillies par les membres de Nazongdzonga. Après les salutations d’usage nous nous mettons rapidement au travail, nous faisons le point sur les documents comptables du projet de la Francophonie qui nous manquent pour le rapport final. Nous emportons le cahier de comptes pour vérification. Avant de partir nous expliquons le but de notre mission qui est d’aider l’association de femmes « Pag la Zaka » à monter un projet de développement dans le but de les rendre autonomes financièrement Avant de partir nous prenons rendez-vous pour vendredi matin avec le groupement de femmes et vendredi après midi avec l’association Nazongdzonga. Il faut absolument quitter Dargo avant la nuit car bien que la piste ait été rénovée, il n’est pas sûr de rouler la nuit.

Vendredi 15 janvier

Après une nuit fraîche à Boulsa, nous voilà reparties pour Dargo où nous attendent les femmes de « Pag la Zaka ». Nous nous réunissons dans leur local qui sert aussi de banque de céréales et nous expliquons notre projet. La présidente prend la parole pour dire que les femmes ont déjà réfléchi à un certain nombre de projets comme un moulin à grain, une presse à karité ou un centre de tissage et de teinturerie. Nous leur expliquons qu’elles commenceront par un petit projet peu onéreux avant d’en monter un plus ambitieux. Les femmes se mettent à discuter ensemble et semblent d’accord pour la presse à karité. Nous leur expliquons la démarche qui est qu’elles doivent préparer le projet, se doter des documents comptables et rencontrer de futurs bailleurs pour réaliser les projets. Elles sont d’accord, nous convenons de nous retrouver lundi et mardi prochain pour travailler ensemble.

Les deux associations nous offrent un repas et nous profitons de ce moment pour leur remettre quelques cadeaux dont des couteaux  « suisse ». Brigitte, comme le veut une coutume française leur demande une pièce de monnaie contre les couteaux pour éviter de couper l’amitié. En plus d’être invitées à manger , nous gagnons presque 1000FCFA… L’après midi nous reprenons notre travail avec les hommes de Nazongdzonga qui nous remettent des documents comptables et nous discutons de la vente de l’eau ayant constaté une baisse des rentrées depuis octobre, la réponse est simple, il y a eu tant d’abeilles que personne ne pouvait approcher des bornes fontaines. Il a fallu nettoyer le château d’eau ainsi que toutes les bornes.

Rentrées à Boulsa de bonne heure (17H), nous nous mettons rapidement au travail car un certain nombre de comptes rendus nous attendent. Vers 20h, nous allons prendre notre repas au restaurant de l’hôtel et ce soir le choix est limité et ne correspond pas vraiment aux goûts des « Nasara » (blancs), c’est tô : plat national burkinabé (sorte de polenta de mil avec une sauce) ou soupe avec poulet. Brigitte se lance et prend du tô qu’elle n’apprécie pas du tout, heureusement la bière + quelques petits gâteaux trouvés au fond de la valise nous permettent de poursuivre notre travail. Demain nous partons de bonne heure pour Fada où nous rencontrerons des filleuls de l’association Tamayé.

mercredi 13 janvier 2010

Mission Dargo 3

Petit historique des actions de la fédé de Seine et Marne sur Dargo :

Depuis 1999, le SPF est présent à Dargo ; d’abord avec les femmes qui ont créé une association : Pag la Zaka ( la femme est la maitresse chez elle) et mis en place un périmètre maraicher. On les a soutenues en finançant une banque de céréales et des achats de matériels. Puis est venu le temps d’un plus grand projet : celui de développement global de Dargo, en partenariat avec l’Union européenne ; qui a permis la construction d’un château d’eau , de 2 bornes fontaines, l’arrivée d’une ambulance, la construction de locaux avec électricité et groupes électrogènes, aide à la scolarisation. Le projet « francophonie » qui se termine s’est concrétisé par l’extension des bornes fontaines, des formations pour les villageois. Les objectifs de notre mission sont de finaliser ce projet et d’aider les groupements à mettre en place et à mener leurs projets de façon autonome.

Mardi 12 janvier 2010

Départ d’Orly par grand froid que nous avons conservé dans l’avion jusqu'à l’atterrissage, l’hôtesse a du distribuer aux passagers des couvertures. Après un premier atterrissage à Marseille et un vol sans problème nous avons enfin trouvé un peu de soleil et chaleur avec 36° à Ouagadougou. Joseph nous attendait avec le véhicule de location. Nous nous sommes rendus directement à l’hôtel Zem Batik où devant un verre de « sucrerie », nous avons revu avec Joseph notre programme de mercredi et avec le chauffeur celui de la semaine à venir.

Mercredi 13 janvier

Après un petit déjeuner à la fraîche (23°) nous avons rencontré deux personnes du Centre d’étude, de formation et de Conseil en Développement (cefcood) Cet organisme avait déjà effectué un travail en 2007 D’après eux, le projet de Dargo peut intéresser les autorités, en ce qui concerne la gestion de l’eau par l’association Nazondgzonga car il s’inscrit dans le programme de l’Etat burkinabé qui met en place des plans communaux d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Nous avons aussi demandé un devis au cefccod concernant la capacité des femmes du groupement « Pag la Zaka » à s’organiser pour mener à bien un projet de développement.

Cet après midi nous sommes allées faire le change à la banque, vu la commission prise par la première nous sommes passées en voir une deuxième puis nous avons acheté un téléphone portable burkinabé pour nous déplacer en province. Deuxième rendez-vous de la journée à 17h avec le Secrétaire général de la francophonie ; nous lui avons fait part du retard dans le rendu du rapport final et nous lui avons demandé d’intercéder en notre faveur Il nous a félicitées pour le travail fait , pour les actions menées auprès des populations locales tant sur la sensibilisation à l’eau potable que sur l’alphabétisation du responsable de Nazongdzonga qui est aujourd’hui un dirigeant local apprécié.

Nous terminons notre soirée autour d’un repas avec Joseph le chargé de projet de la Francophonie et sa femme et nous inaugurons le restaurant de l’hôtel.

dimanche 8 juin 2008

MISSION BURKINA 7

Soirée de Vendredi 6 Juin : Nous traversons Ouaga 2000 que ni Bertrand ni Tienda ne connaissent. Puis retraversons Ouaga pour déposer Tienda et sa valise de billets puis de nouveau re-re-traversons Ouaga pour rentrer à l’hôtel. Issa nous attend avec les objets commandés en plus. On est vanné mais il faut quand même tout déballer. Nos 2 chambres ressemblent à des boutiques sur le canal. Bertrand retrouve 2 amies italiennes étudiantes de sa promo, Claudia et Nicla, qui font leur stage de Master dans la région (Burkina et Bénin).

Nous partons tous ensemble partager les fameuses brochettes : c’est une vraie opération « ventre creux » que nous menons puisque les amies n’ont pas mangé depuis 24h (trajet en bus depuis Cotonou). Bertrand en profite pour faire des commandes surréalistes de riz gras + frites + brochettes… Mais la délivrance se fait attendre, le service est au ralenti ce soir. Nous quitterons le repas à plus de 23h30 après une bonne soirée internationale (les gens de la promo sont éparpillés sur tous les continents). De retour à l’hôtel, l’heure des comptes a sonné, puis celle du dodo bien mérité.


Samedi 7 Juin : Nous avions eu l’idée quelque peu saugrenue, de pouvoir, éventuellement, faire un tout petit peu de tourisme aujourd’hui… Bon, ce tourisme se résumera à 1h au village artisanal. En effet, après le dernier petit déjeuner, le dernier tour au cyber, l’avant dernier point sur le compte rendu, la visite d’Abel , représentant des habitants de Dargo à Ouaga, nous avons rendez vous chez le maire de Dargo résidant à Ouaga. C’est aussi le chef coutumier du village.

Nous avons une discussion en présence du secrétaire général de la mairie, Tiendé, Joseph et Abel. Nous soulevons le problème de la propriété des installations et de la gestion des fonds. Nous nous mettons d’accord sur le fait qu’il faut faire un protocole respectant les lois du pays et protégeant également Nasongdzanga : normalement, d’ici 2, 3 ans, l’AEP étant neuve, l’association devrait avoir un fonds d’investissement relativement important. Il ne faudrait pas que la mairie ou d’autres services puissent l’utiliser à d’autres fins. Le maire demande au secrétaire général de se renseigner et de faire les papiers le plus rapidement possible. Il nous fait ensuite part des projets qu’il souhaite mettre en œuvre sur Dargo : transformer le collège en lycée pour que les enfants puissent être en seconde à Dargo, pour l’instant es lycéens vont suivre leur scolarité à Boulsa ou Bogandé, ce qui entraîne des frais pour les familles et pousse à l’arrêt des études. Et plus tard un internat pour les filles du collège. Pour l’instant celles venant des autres villages ont des difficultés pour se loger ou assumer les aller-retours. Il nous parle ensuite du jumelage en cours avec Evain-Malmaison. Il nous offre des brochettes épicées et des sucreries. Nous nous saluons très chaleureusement et demandons la route. Nous retrouverons Abel et Tienda à l’aéroport ce soir pour un dernier au revoir.

Nous allons ensuite profiter de NOTRE heure en mode « TOURISTE » nous allons au village artisanal pour quelques emplettes. Nous sommes très optimistes sur la capacité d’extension de nos valises face à la masse d’objets à ramener. A la sortie, nous explosons notre budget quotidien « mendiant » avec le nombre de femmes avec des petits jumeaux.

Fabrice tente ensuite de nous emmener sur la tombe de Thomas Sankara (président emblématique du Faso) mais nous nous retrouvons dans un cimetière-décharge, Bertrand est très déçu…

Pas le temps cependant de se lamenter, un nouveau défi nous attend : LES VALISES ! Nous entassons objets et vêtements selon une logique de couches : fragile/protection/fragile… On manque quand même de t-shirts pour tout emballer. Les statues trop longues, les masques trop grands, les motos tordues… un bordel que nous vaincrons en un peu plus d’une heure. La douche de la victoire à peine terminée, l’entrepreneur est là pour notre dernier rendez-vous burkinabé. Autour d’un rafraîchissement nous nous félicitons mutuellement de notre collaboration. Il passera également nous saluer à l’aéroport. Pas de temps à perdre, nous devons pré-enregistrer nos bagages. Nous emballons TOUT, même les mangues de Brigitte (à 1000 FCFA l’emballage, c’est cher pour des mangues données). Mission réussie, aucune valise n’a craqué, tout part sur le tapis roulant.

Dernier repas au Samandin, placé sous le signe de la fête avec la victoire des étalons du Burkina lors d’un match de foot contre les hirondelles du Burundi. Drapeaux et klaxons seront présents toute la soirée. Ce dernier repas est partagé avec Joseph et sa femme Madeleine ainsi que Fabrice (qui attend toujours ses pommes de terre…). C’est déjà l’heure d’aller à l’aéroport (21h30), nous saluons donc entrepreneur et contrôleur des travaux, ainsi que Tienda et Abel. Il est 22h50, les mangues de Bertrand ont échappé à l’emballage et nous voilà dans la salle d’embarquement pour ces dernières lignes en direct du pays des hommes intègres . A lundi à la Fédé (le lundi n’étant pas le même pour Bertrand et Brigitte )

Fin de ce compte rendu, une mission agréable riche et chaleureuse. L’ambiance studieuse n’a pas pesé. Les résultats du projet sont extrêmement encourageants et chacun de nos partenaires nous impressionne de bonne volonté et d’efficacité. Bil Fou ! (A bientôt en moré)



samedi 7 juin 2008

MISSION BURKINA 6

Jeudi 5 Juin : La matinée est placée sous le signe du travail , visiblement on s’est mal fait comprendre au niveau du budget et des dépenses immédiates liées au projet avec Jean Pierre et Lucienne. Ca nous gâche l’ambiance car objectivement, nous sommes parfaitement dans les clous. On prépare le montant du western union que nous allons demander à Lucienne, de façon à pouvoir démarrer immédiatement les activités de formations et de sensibilisation. Après un tour au cyber, nous partons sur le canal pour faire le plein d’objets artisanaux avec la liste de Francine. Dès l’arrêt du taxi, les vendeurs sont là et les négociations commencent. Nous allons directement à la boutique d’Issa et Brigitte va s’enfermer pour un long moment pour pouvoir sélectionner tous les objets qu’Issa va faire chercher quand il n’a pas dans sa boutique. Il fait très chaud ! Bertrand joue les kakous en s’aventurant parmi les boutiques. Quelques tentatives de négociations face à une meute de vendeurs tous moins convaincants les uns que les autres. Mais bon qui n’a pas vécu ces grands moments n’est pas venu au Burkina. Il lâche quelques billets pour des masques et des tenues et arrive en sueur au stand d’Issa, fier de ses négociations et de ses trouvailles. Poursuivis jusqu’au taxi, nous reprenons la route pour aller déjeuner : spaghettis à l’œuf (ou omelette spaghettis) feront notre bonheur. Nous écrivons nous même notre reçu, la petite vendeuse étant illettrée et pas allumée à tous les étages… Nous préparons les documents de suivi comptable à laisser à Nasongdzanga, pour chaque activité : une feuille de suivi, une décharge de la somme laissée et le poste budgétaire affecté. Le tout dans des enveloppes. On galère un peu pour mettre les logos où il faut, mais bon : ca va aller ! Puis nous commençons le rapport intermédiaire demandé par la Francophonie. C’est le moment de lister nos questions avant le rendez-vous du lendemain. Nous préparons aussi un document récapitulant l’ensemble de nos activités sur Dargo, ce document sera utilisé pour l’ambassade de France mais aussi en bilan d’activité pour Nasongdzanga et Pag la Zaka. Repas à l’hotel : poulet frites préparé par Bouba. Issa vient nous livrer les objets commandés ce matin. Dans l’après midi, nous avons chiffré les commandes, et comme nous sommes sûrs que le SPB ne fera pas le nécessaire pour les caisses de retraite, nous décidons de commander un peu plus. Bertrand sort faire la fête avec Fabrice. Une petite virée nocturne dans Ouaga à bord d’une P50, les bars se succèdent, et le goudron ne reste plus trop sous les roues de la moto au fur et à mesure des « Brakina » (bière du Burkina).


Vendredi 06 Juin : Nous finissons de préparer notre rendez-vous avec le SCAC de l’ambassade de France en imprimant quelques documents afin de présenter le Secours Pop et la fédé (carte de visiste du SPF que nous allons chercher sur le site interne dans le cyber, dépliant monde national, bilan d’activité 2007 de la Fédé et liste des actions menées sur Dargo). Notre rendez-vous prévu à 10h est décalé in-extremis à 12h. Nous en profitons pour aller chercher le western laissé par Lulu quelques heures auparavant à Melun. Nous avions demandé quelques billets de 2000 … pour ajuster les comptes dans les enveloppes…nous nous retrouvons avec 1 million de CFA en billet de 2000 auquel s’ajoute un autre million en 10 000 et 1000 FCFA. Nos grosses liasses de billets remplissent nos sacs et nous partons à l’ambassade en compagnie de Tiendé. La route est barrée pour cause de prière : nous sommes vendredi et à coté d’une mosquée ! Nous prenons le 6 mètres (la route) d’à coté et nous arrivons à l’heure. Le vigile qui nous fouille à l’entrée de l’ambassade remarque que nous ne sommes pas démunis !! Joseph bugg sur le lieu de rendez-vous : il nous attend à l’hôtel. La réunion se déroulera alors sans lui. Nous sommes reçus par Yannick Coumarin, qui assure le suivi des ONG et du Fonds Social de Développement . Brigitte fait une rapide présentation du SPF , de la fédé et des actions menées au Burkina puis présente les actions sur Dargo. Y Coumarin nous présente le SCAC (Service de Coopération et d’Action Culturelle) sur Ouaga. Il y a plus de 400 ONG françaises qui interviennent au Burkina Faso et l’ambassade n’est pas forcément au courant de leurs activités. Bon nombre sont des projets courts sans suivi ni maintenance et sont un peu des coups d’épées dans l’eau. Le SCAC gère désormais un budget d’ 1 750 000 euros et se donne une priorité d’aide à l’activité économique. Nous mesurons ( sans fausse modestie) l’importance des atouts de nos activités sur Dargo : nous travaillons sur du long terme, les activités sont bien celles attendues par la population, avec un vrai suivi et des évaluations régulières, nous avons un vrai partenariat avec Nasongdzanga. La présence de Tienda est importante dans cet entretien et permet à nos partenaires de se poser en interlocuteur des bailleurs. Comme d’habitude, nous sommes en face d’un interlocuteur disponible et compétent, prêt à aider Nasongdzanga à monter ses projets.

Nous quittons l’ambassade direction l’hôtel , où nous nous délestons de nos millions pour aller manger « sur le goudron » ( au bord de la route) des spaghettis bolognaise en compagnie de Tienda et Fabrice. Notre petite serveuse, toujours aussi vive , est perplexe en voyant débarquer 4 personnes alors qu’on avait commandé 2 plats. Après quelques allers retours entre notre table et la cuisine ( 1 question à la fois), c’est bon, on peut manger. C’est Bertrand qui se colle à l’écriture du reçu. Nous discutons avec Tienda des demandes de subventions, de l’appui que peut apporter Joseph et nous pour trouver les bailleurs. Nous rentrons à l’hôtel et la chambre de Brigitte se transforme en succursale bancaire. Nous avons 6 enveloppes, représentant 6 activités du projet ( salaires des fontainiers et gestionnaires, formation des fontainiers, entretien des installations, fonctionnement de l’association, formation de l’association et sensibilisation de la population ) à remplir de billets, les sommes variant de 164 000 à 528 000FCFA. Nous comptons les billets, Tienda vérifie et nous signons les décharges. Cela nous prend jusqu’à l’heure du départ pour le rendez-vous avec les représentants de la Francophonie. Nous sommes à l’heure au rendez-vous ( avec Joseph) , après avoir trouvé, sans trop de difficulté, l’immeuble que nous avions tant cherché à la dernière mission. Nous frappons à la porte, personne ne répond, Joseph appelle notre interlocutrice : pas de problème, on vient nous ouvrir. 5 minutes plus tard , toujours personne, Joseph re-rappelle La commission nationale a déménagé mais on ne nous a pas prévenus !!! Quelques explications plus loin, nous arrivons à la bonne porte. On nous ait patienter dans une petite salle d’attente sympa, avec un verre d’eau très fraiche. Sur la moquette est imprimé le logo de la Francophonie ; moment de fou rire car Brigitte y voit très nettement une position digne du Kama-Sutra ….

Nous sommes ensuite reçus par le Secrétaire général, Dramane KONATE et par la correspondante nationale Salamata OUADBA.De nouveau, Brigitte présente SPF, activités passées et projet actuel. Immédiatement, nous sentons que nos interlocuteurs sont très intéressés. Ils souhaitent que tous les projets qu’ils soutiennent s’inscrivent dans une logique de développement durable avec des partenariats multi-latéraux. Le développement local et le renforcement des capacités sont des idées générales soutenues par l’OIF. Nous sommes complètement en phase avec leurs attentes. Ils saluent notre travail et souhaitent que ce projet devienne un exemple de bonne gestion et de réussite. Lors volonté est de capitaliser les projets et « Dargo » sera cité en exemple. Ils attendent un compte rendu détaillé de ce projet où est clairement défini l’impact, la pérennisation et les attentes futures de la population. Ici encore la présence de Tienda valorise l’action de Nasongdzanga et le partenariat des 2 associations. Quelques anecdotes sont échangées dans la bonne humeur, nous avons ensuite quelques indications sur les formalités pour le rapport intermédiaire. Nous nous quittons après cet entretien très cordial. Nous irons très probablement trouver l’OIF à Paris, car c’est une vraie valorisation du travail du SPF. Nous essayons désespérément de confirmer nos billets d’avion mais aucun numéro ne répond, l’agence est fermée, cette mission est reportée à demain. Nous traversons Ouaga 2000 que ni Bertrand ni Tienda ne connaissent. Puis retraversons Ouaga pour déposer Tienda et sa valise de billets puis de nouveau re-re-traversons Ouaga pour rentrer à l’hôtel.



vendredi 6 juin 2008

MISSION BURKINA 5

Mardi 03 Juin : Dernier petit déjeuner à Boulsa. On est content d’arrêter les nuits sans ventilos, les grosses bestioles volantes, les souris galopantes et le resto peu aimable. Dernière matinée à Dargo, nous allons rencontrer Pag La Zaka et Nasongdzanga. L’idée est de faire un bilan avec nos partenaires et de valoriser tout ce qui a été fait ensemble ainsi que les aider à construire des projets dans le futur. Nous commençons par rencontrer, sous le baobab, la coopérative paysanne féminine Pag la Zaka avec laquelle nous avons commencé les premiers projets en 1999 sur Dargo. C’est une coopérative de 16 groupements féminins, chaque groupement comporte environ 30 membres. Tous ces groupements sont de Dargo, tous les 16 ont pour activité principale l’agriculture mais pas obligatoirement le maraîchage. Il y a 3 activités principales : le maraîchage, la gestion de la banque de céréales et la culture de champs communautaires au niveau des groupements ou de la coopérative. En ce qui concerne l’activité maraîchère, elle est fortement ralentie depuis 3 ans par manque d’eau. Pour la banque de céréales, le prêt de céréales est destiné aux membres de la coopérative (environ 480 femmes), on leur prête un sac de mil qu’elles remboursent après la récolte avec un petit intérêt de « quelques plats ». Cette année, la récolte a été tellement mauvaise que les femmes n’ont pas pu rembourser. En ce qui concerne la vente de céréales à prix social, elle concerne en priorité les membres de la coopérative mais les autres habitants de Dargo ne sont pas exclus. Les projets : concernant les activités agricoles, il faudrait une avance financière pour faire bénéficier le plus grand nombre en ayant un stock plus important. Il faudrait également réfléchir à une meilleure production d’eau (barrage, château d’eau, système d’irrigation plus efficace…). Nous posons la question d’autres activités non-agricoles (pendant la saison sèche). Il est évoqué la savonnerie, la teinture (activités non existantes à Dargo) et le tissage pour lequel il existe des débouchés (peu de personnes le pratiquent) ; l’embouche et l’élevage de volailles ainsi que la couture. D’autre part les femmes soulignent l’utilité d’avoir un moulin ce qui éviterait les taches pénibles de pilonnage. Nous sommes prêts à les aider sur les montages techniques des projets. Au fur et à mesure de la réunion des membres de Pag la Zaka sont venus nous rejoindre sur les racines du baobab et ont pris part à la discussion. Cette année a été une nouvelle fois évoquée comme particulièrement difficile : la vie chère, le peu de récolte… Une ambiance attentive et sympathique a encore une fois animé cette réunion.



C’est en moto pour Bertrand et en voiture pour Brigitte que nous rejoignons les membres du bureau de Nasongdzanga pour une dernière réunion. Un nouveau cadeau nous attend : un coq ! Il nous est offert par un des quartiers dont le forage vient d’être rénové. Cette réunion est elle aussi dans l’optique de permettre à notre partenaire de préparer ses propres projets et de valoriser son bilan. Nous commençons par faire un point sur le projet Union Européenne : pour les ateliers : un blanchisseur vient de s’installer ainsi qu’un menuisier. Un loyer ne sera demandé que lorsque les occupants seront en mesure de payer. Les artisans sont des jeunes de Dargo (Jean dit : « les enfants »). Un jeune a été recruté pour faire les travaux de photocopies et saisies afin de faire fonctionner l’activité prévue dans le projet (rappel : c’est la seule imprimante photocopieuse de Dargo) et deux jeunes vont être formés à l’informatique. Nous suivons pour le projet de la Francophonie, la liste des questions que nous avons préparée :

- Vie démocratique de Nasongdzanga et place des femmes et des jeunes dans la conduite des activités et la gestion du projet : nous signalons l’importance accordée par les bailleurs au respect de ces règles de gestion. Nasongdzanga approuve et Joseph confirme qu’il n’y a aucun problème sur ces points.

- Accès à l’eau des Peuls : Le forage des peuls a été rénové, le quartier peul est très éloigné du village, il n’est pas possible d’y amener une borne fontaine, par contre Jean précise qu’un seul forage ne suffit pas.

- Nombre d’habitants à Dargo : 5447 habitants au recensement de 2002

- Papier officiel de la rénovation des forages et des nouvelles bornes fontaines : Nous signons en double exemplaire les papiers précisant le quartier d’implantation de chacune des installations. Ces papiers seront une trace des réalisations. Nous en profitons pour faire la liste des forages en activité : il y en a actuellement 18, dont 3 dans des campements d’agriculture éloignés.

- Rapport avec la mairie :
Propriété des réalisations ? Ce point est à voir avec le maire, Nasongdzanga ne connaissant pas la législation.
A qui doit on demander une adduction d’eau ? Il n’y a pas d’adduction d’eau personnelle possible sur les canalisations mises en place : tout le monde doit aller aux bornes fontaines . Ca évite les problèmes de paiement et les différents entre les notables et l’association. C’est ce qui a été mis en place à Piéla et qui est adopté à Dargo.

En ce qui concerne les projets de Nasongdzanga, ils sont nombreux : clôturer le terrain, faire une structure d’hébergement pour les personnes passant à Dargo, un second château d’eau pour la quartier autour du centre de santé, une savonnerie, une banque de céréales (elle ne sera pas concurrente de celle de Pag la Zaka car celle ci ne répond pas à toute la demande sur Dargo). Pour conclure nous leur faisons part de nouveau des difficultés de trésorerie du à la rapidité des travaux, mais nous les assurons que nous tiendrons nos engagements. Après un copieux repas et beaucoup de remerciements nous quittons Dargo (avec 2 collègues pour notre coq : les pintades de Joseph !!). Comme d’habitude nous déposons Zandé, le vieux tirailleur à sa concession : il était à Fréjus en 1953, il a fait l’Indochine et l’Afrique du Nord (nous n’osons pas lui demander le montant de sa pension…). Nous partons pour Fada (220 km de piste) et nous croisons la pluie sur le chemin. La nuit tombe lorsque nous arrivons à « La Belle Etoile ». Djara nous attend au local et nous invite chez lui. Nous voyons Boama Sephora née le 23 Mai dernier, Mariam son épouse et son fils Sosthéne, ainsi que les 2 filleules de Brigitte. Nous échangeons un peu, puis nous allons entamer, avec Joseph et Fabrice, un tour de Fada dans l’espoir de trouver quelque chose à manger. Aie Aie Aie, à 21h, dans la nuit Brigitte ne retrouve pas les restaurants, un grand moment de solitude pour Bertrand. Super Fabrice nous trouve 2 plats (assiettes) de pâtes : Bertrand revit !! Après un moment de détente, nous rentrons tous les 4 à l’hôtel pour profiter des ventilos 24h/24h.

Mercredi 4 Juin : Nous partons au local de l’association de parrainage d’orphelins Teebo-Espoir. Nous pouvons voir que le château d’eau financé par le comité de Meaux fonctionne et tout au long de la matinée des riverains viennent s’approvisionner. Brigitte travaille avec Djara pendant que Joseph, Fabrice et Bertrand partent au marché et faire changer la roue de secours. Tout le monde se retrouve pour le repas du midi que nous partagerons avec quelques orphelins. Après déjeuner départ pour Ouaga : bonheur ce n’est que une route de goudron : finis les secousses et la poussière. L’hôtel Zem-Batik nous attend, nous nous relançons dans le travail illico. Compte rendu, lecture et envois de mails, compta… A minuit nous décidons d’aller dormir, après une pause pour manger des brochettes et des frites.


jeudi 5 juin 2008

MISSION BURKINA 4

Dimanche soir : Ce soir : rédaction du compte rendu, prise de photo des cahiers de gestion du CGV eau et préparation des mails. Bertrand ose demander « poliment » à Brigitte si par tout hasard, elle aurait mangé les arachides données par le vieux, dans la chambre de Bertrand, en en mettant partout… Ah non ?! Bon alors il y a des souris dans la chambre de Bertrand !!

Lundi 02 Juin : Nous profitons de ce jour « ouvrable » pour rencontrer les différents services de Dargo. On commence, accompagnés de Ernest et Tiendé, par l’école B, école avec laquelle nous n’avons encore jamais travaillé. Nous sommes porteurs de la correspondance du Conseil Municipal d’Enfants (CME) de la ville de Vaux le Pénil : des lettres, des photos, une grande affiche, ainsi que 2 appareils jetables pour que les enfants de Dargo prennent des photos. Nous arrivons pendant la récréation, une marée de petites têtes noires vient à notre rencontre très calmement. Les enfants nous saluent avec une petite révérence : c’est adorable. Quand le directeur leur dit de retourner en classe, ils s’en vont tranquillement. On est super impressionné.

Nous entrons dans la classe de CM1 du directeur où Brigitte expose la proposition du CME de Vaux le Pénil. Le silence règne, les enfants écoutent en souriant et le directeur est d’emblée enthousiaste. Nous en profitons également pour remettre la fresque réalisée à la fête de la solidarité en Juin 2007 avec les enfants partenaires du SPF 77. Nous prenons quelques photos et visitons l’école. Les effectifs sont de 52, 94, 84 et 75 élèves suivant les classes. Dans chaque classe on retrouve les mêmes leçons qu’en France : conjugaison au présent, coupe de la dent, poésie, carte du pays, multiplication… Pour l’instant l’école n’a que 4 classes, dont une provisoire en paille tressée. Le directeur nous explique que tous les enfants ne peuvent être scolarisés faute de local. Petit rappel : il y avait 5 classes en 2002 à Dargo avec moins de 50 élèves par classe. Il y a maintenant 13 classes qui fonctionnent.


Direction le Centre d’Education de Base Non Formelle : Roland et le directeur nous font visiter le centre, peu d’élèves, nous assistons à une séance de tissage. Ensuite, nous rencontrons la responsable des Caisses Populaires. Nous échangeons sur l’avenir de la caisse de Dargo, menacée par les difficultés de remboursement (le groupement des bouchers n’a toujours pas soldé son prêt) et la mauvaise gestion de la caisse. Nous repartons avec 2 beaux T-Shirts Caisses Populaires du Burkina et retournons déjeuner au local.



Nous discutons tranquillement en attendant le rendez- vous avec le major du centre de santé fixé à 15h. Nous commençons à aborder les relations entre la mairie et Nasongdzanga. Ernest et Roland nous suivent au Centre de Santé et de Promotion Sociale. M. Zongo Issa, major, c’est à dire infirmier chef, et M. Guiré Konon, infirmier nous reçoivent. Nous abordons la question de la sensibilisation de la population à la consommation d’eau potable. Ce n’est pas un problème puisque cela correspond à une rubrique de leurs interventions : Hygiène et Assainissement. Ils interviennent d’abord sur l’assainissement des points d’eau : ne pas laisser les eaux stagnantes, respecter une certaines distances entre les tombes et les points d’eau et mener une gestion communautaire. Le principal problème et de combattre les idées fausses. Par exemple : l’eau de la pompe donne des maux de tête. D’une façon générale, une partie de leur travail consiste à combattre les rumeurs en les étudiant et en en parlant avec la population. Ils font des assemblées générales en soulevant les problèmes et c’est les gens eux-mêmes qui trouvent les solutions par la discussion.

Sur Dargo les gens utilisent facilement l’eau des forages. En dehors de ce chapitre sur l’eau, ils font des formations en fonction des besoins immédiats. Il existe une maladie liée à la consommation de l’eau du barrage et des mares comme eau de boisson. On retrouve surtout cette maladie pendant l’hivernage et aussi parce qu’avec les pompes abîmées, les gens doivent faire plus de 5km pour trouver une eau propre alors que la mare est à 500m. « Il n’y a pas de problème pour ces sensibilisations, à quoi sert de laisser quelqu’un malade quand on peut prévenir ». Le CSPS de Dargo couvre 10 villages, soit 11 696 habitants, ils sont 4 personnels de santé. « L’ambulance nous permet de sauver des vies, il y a eu plus de 40 évacuations entre Mai et Décembre 2007 ». Hier il y a eu une évacuation et il y a 3 jours c’était pour une hernie étranglée. Dans ces cas d’urgence le temps de la prise de décision compte beaucoup. Encore une fois, nous rencontrons beaucoup de compétences et de dynamisme avec le personnel de santé.

Après ce riche entretien et toute les rencontres du matin, nous somme enthousiastes sur les projets que nous menons : ils correspondent bien aux besoins de la population, et celle ci s’est en vraiment emparé avec l’appui de services compétents. Petit tour au marché de Dargo, très coloré, calme et chaleureux. On achète des beignets et des mangues, nous saluons quelques groupes de vieux (Bertrand devient un des leurs pour quelques photos), les enfants nous suivent, beaucoup de gens nous reconnaissent et nous saluent : encore un très bon moment.

Retour sur Boulsa et préparation de la réunion du lendemain avec Nasongdzanga et des documents que nous devons signer avec eux. Le repas diffère pour Brigitte (vache qui rit, mangue) et pour Bertrand (riz gras, vache qui rit, mangue) mais un élément reste commun : la température qui ne baisse pas et les douches obligées pendant la nuit. Ca tombe bien on n’a pas de thermomètre, nous serions fatigués rien qu’à le regarder.