samedi 29 septembre 2007
Mission Burkina 8
Par spf77, samedi 29 septembre 2007 à 20:01 :: Mission Burkina
Vendredi 28 septembre
Notre séance de collage d’hier nous a tout de même pris 2h30 avec l’aide de Bouba, le cuisinier de l’hôtel. On a judicieusement employé les chaussettes mouillées pour coller les timbres et enveloppes.
Petit déj’ à 6h30 pour pouvoir partir à Koupéla (à 2 heures de Ouaga). Nous avons rendez-vous à 10h avec le responsable régional des Caisses populaires (dont dépend Dargo), donc si nos calculs sont bons, le véhicule doit venir nous chercher à 8h. Mais non, il arrive pour 8h40. Joseph et Louis David Sawadogo sont déjà dans la voiture et nous passons encore prendre Jean sur la route. Brigitte rentre à l’hôtel pour cause de « maux de ventre ». Thomas avait prévenu les caisses du retard mais Fabrice, le chauffeur, a décidé que c’était possible d’arriver à 10h. A toute berzingue sur la route Thomas lui demandé de ralentir pour ne pas arriver avec 3 gamins et deux chèvres sur le pare –brise et parce que les ceintures de sécurité ne s’emboîtent pas.
A 10h30, nous arrivons à l’Union régionale où Denis Malo (responsable technique) nous reçoit. Il nous explique que la caisse de Dargo connaît beaucoup d’impayés et qu’ils ont voulu restreindre l’accès aux micro-crédits sur cette zone. La caisse de Dargo est une caisse avec peu d’épargne, elle doit donc emprunter aux autres caisses pour répondre aux demandes de crédits. Cet emprunt est à 5%, la caisse se met donc en danger dès les premières difficultés de remboursement. Ce n’est donc pas spécialement lié au fonds d’épargne nantie. Pour la fin du protocole qui liait le SPB et les caisses populaires, il suffit de faire un courrier avec les coordonnées du compte du comité de gestion villageois à qui revient le fonds comme prévu initialement. Pour les dettes en cours du groupement de bouchers, s’ils sont bien passés par le CGV pour faire valider leur demande, elles seront déduites de la somme à verser. La caisse continuera à poursuivre les bouchers et les remboursements seront reversés sur le compte du CGV. S’ils ne sont pas passés par le CGV, l’intégralité de la somme sera versée.
La discussion s’est bien passée et nous sortons vers midi après que Thomas ait donné l’argent à Jean pour les sensibilisations à la scolarisation et les per diem du CGV. Jean dépose directement l’argent sur le compte du CGV aux caisses. On va tous grignoter un bout au Calypso, halte la plus célèbre (pour nous) à Koupéla. Koupéla est juste entre Fada, Boulsa et Ouaga et on s’est souvent donné rendez-vous là.
On repart pour Ouaga dès qu’on a pu retrouver Fabrice : Thomas a appelé Brigitte à Ouaga pour qu’elle téléphone à Fabrice qu’on l’attendait. Retour en plein cagnard pour Thomas, les burkinabè ont l’air habitué.
A 16h30, Thomas retrouve Brigitte qui va mieux à l’hôtel. Jean et Joseph gardent le véhicule pour aller acheter les outils et les planches pour l’atelier de menuiserie. A peine le temps de discuter un peu que les dirigeants du bureau d’études qui a fait l’évaluation du projet arrivent. Discussion extrêmement enrichissante car leur quotidien, c’est d’évaluer les projets, de participer à des synthèses et ils ont donc une vision globale des réussites et des freins des différents types de projets. Nous évoquons les problèmes de chefferie sur Dargo et nos interrogations sur l’accès de certains aux différentes réalisations. Les problèmes de chefferie sont fréquents et très délicats. On est dans le domaine de l’affectif et c’est difficile d’agir dessus. Il faut surtout veiller à ne pas envenimer les choses. Nous abordons ensuite les micro-crédits, où effectivement, ils confirment que les fonds d’épargne nantie donnent des résultats très mitigés. Pour eux, c’est du à trois facteurs : les caisses populaires ne sont pas organisées pour ça, le sentiment que c’est de l’argent donné que les villageois n’ont pas à rembourser et l’organisation actuelle des groupements. Ils expliquent que les groupements sont pour l’instant par quartier, par famille ou par sexe en mélangeant plusieurs activités différentes. Il faudrait une spécialisation professionnelle des groupements pour que les gens prennent ensemble un micro-crédit autour des mêmes problématiques (saison favorable pour telle ou telle activité, appui des services, achat groupé, mutualisation des connaissances, écoulement organisé des produits…). Cette discussion conforte le sentiment que nous avons de l’importance des évaluations externes faites par des experts du pays connaissant les cadres juridiques et sociaux et les subtilités de la société burkinabè. La connaissance des langues permet aussi de toucher toutes les populations. Ils connaissent aussi bien tous les acteurs institutionnels du développement (notamment notre référent à l’Union Européenne)
Nous parlons du projet et de l’appui que nous a donné l’évaluation du début d’année. Ils sont au courant du projet d’extension (merci internet) et feront leur travail d’évaluation en décembre.
En ce moment, ils aident les communes à mettre en place leur plan de développement communal. Dans certains cas, ce sont les communes elles mêmes qui financent ces études. La première évaluation du projet Dargo qu’ils ont faite (disponible à la FD) est très positive ce qui nous fait plaisir compte tenu de leurs références.
19h30, nous finissons ce compte rendu. Ce sera le dernier envoi par mail. Pour Brigitte, ce sera en direct live, lundi à la FD et pour Thomas, c’est silence radio parce que VACANCES.

