Blog du Secours Populaire de Seine & Marne

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samedi 29 septembre 2007

Mission Burkina 8

Vendredi 28 septembre

Notre séance de collage d’hier nous a tout de même pris 2h30 avec l’aide de Bouba, le cuisinier de l’hôtel. On a judicieusement employé les chaussettes mouillées pour coller les timbres et enveloppes.

Petit déj’ à 6h30 pour pouvoir partir à Koupéla (à 2 heures de Ouaga). Nous avons rendez-vous à 10h avec le responsable régional des Caisses populaires (dont dépend Dargo), donc si nos calculs sont bons, le véhicule doit venir nous chercher à 8h. Mais non, il arrive pour 8h40. Joseph et Louis David Sawadogo sont déjà dans la voiture et nous passons encore prendre Jean sur la route. Brigitte rentre à l’hôtel pour cause de « maux de ventre ». Thomas avait prévenu les caisses du retard mais Fabrice, le chauffeur, a décidé que c’était possible d’arriver à 10h. A toute berzingue sur la route Thomas lui demandé de ralentir pour ne pas arriver avec 3 gamins et deux chèvres sur le pare –brise et parce que les ceintures de sécurité ne s’emboîtent pas.

A 10h30, nous arrivons à l’Union régionale où Denis Malo (responsable technique) nous reçoit. Il nous explique que la caisse de Dargo connaît beaucoup d’impayés et qu’ils ont voulu restreindre l’accès aux micro-crédits sur cette zone. La caisse de Dargo est une caisse avec peu d’épargne, elle doit donc emprunter aux autres caisses pour répondre aux demandes de crédits. Cet emprunt est à 5%, la caisse se met donc en danger dès les premières difficultés de remboursement. Ce n’est donc pas spécialement lié au fonds d’épargne nantie. Pour la fin du protocole qui liait le SPB et les caisses populaires, il suffit de faire un courrier avec les coordonnées du compte du comité de gestion villageois à qui revient le fonds comme prévu initialement. Pour les dettes en cours du groupement de bouchers, s’ils sont bien passés par le CGV pour faire valider leur demande, elles seront déduites de la somme à verser. La caisse continuera à poursuivre les bouchers et les remboursements seront reversés sur le compte du CGV. S’ils ne sont pas passés par le CGV, l’intégralité de la somme sera versée.

La discussion s’est bien passée et nous sortons vers midi après que Thomas ait donné l’argent à Jean pour les sensibilisations à la scolarisation et les per diem du CGV. Jean dépose directement l’argent sur le compte du CGV aux caisses. On va tous grignoter un bout au Calypso, halte la plus célèbre (pour nous) à Koupéla. Koupéla est juste entre Fada, Boulsa et Ouaga et on s’est souvent donné rendez-vous là.

On repart pour Ouaga dès qu’on a pu retrouver Fabrice : Thomas a appelé Brigitte à Ouaga pour qu’elle téléphone à Fabrice qu’on l’attendait. Retour en plein cagnard pour Thomas, les burkinabè ont l’air habitué.

A 16h30, Thomas retrouve Brigitte qui va mieux à l’hôtel. Jean et Joseph gardent le véhicule pour aller acheter les outils et les planches pour l’atelier de menuiserie. A peine le temps de discuter un peu que les dirigeants du bureau d’études qui a fait l’évaluation du projet arrivent. Discussion extrêmement enrichissante car leur quotidien, c’est d’évaluer les projets, de participer à des synthèses et ils ont donc une vision globale des réussites et des freins des différents types de projets. Nous évoquons les problèmes de chefferie sur Dargo et nos interrogations sur l’accès de certains aux différentes réalisations. Les problèmes de chefferie sont fréquents et très délicats. On est dans le domaine de l’affectif et c’est difficile d’agir dessus. Il faut surtout veiller à ne pas envenimer les choses. Nous abordons ensuite les micro-crédits, où effectivement, ils confirment que les fonds d’épargne nantie donnent des résultats très mitigés. Pour eux, c’est du à trois facteurs : les caisses populaires ne sont pas organisées pour ça, le sentiment que c’est de l’argent donné que les villageois n’ont pas à rembourser et l’organisation actuelle des groupements. Ils expliquent que les groupements sont pour l’instant par quartier, par famille ou par sexe en mélangeant plusieurs activités différentes. Il faudrait une spécialisation professionnelle des groupements pour que les gens prennent ensemble un micro-crédit autour des mêmes problématiques (saison favorable pour telle ou telle activité, appui des services, achat groupé, mutualisation des connaissances, écoulement organisé des produits…). Cette discussion conforte le sentiment que nous avons de l’importance des évaluations externes faites par des experts du pays connaissant les cadres juridiques et sociaux et les subtilités de la société burkinabè. La connaissance des langues permet aussi de toucher toutes les populations. Ils connaissent aussi bien tous les acteurs institutionnels du développement (notamment notre référent à l’Union Européenne)

Nous parlons du projet et de l’appui que nous a donné l’évaluation du début d’année. Ils sont au courant du projet d’extension (merci internet) et feront leur travail d’évaluation en décembre.

En ce moment, ils aident les communes à mettre en place leur plan de développement communal. Dans certains cas, ce sont les communes elles mêmes qui financent ces études. La première évaluation du projet Dargo qu’ils ont faite (disponible à la FD) est très positive ce qui nous fait plaisir compte tenu de leurs références.

19h30, nous finissons ce compte rendu. Ce sera le dernier envoi par mail. Pour Brigitte, ce sera en direct live, lundi à la FD et pour Thomas, c’est silence radio parce que VACANCES.

jeudi 27 septembre 2007

Mission Burkina 7

Mercredi 26 septembre

Matinée sans rendez-vous. Nous passons 1 heure au cyber à galérer pour envoyer les documents à Charlotte et le compte rendu de mission. Nous récupérons aussi par mail le projet et le budget tels qu’ils ont été déposés à la Francophonie.

De retour vers 9h30 à l’hôtel, nous refaisons le récapitulatif des comptes sur l’ensemble du projet et de ce qu’il reste à verser sur les différentes lignes budgétaires. Joseph passe nous donner les pièces justificatives des dépenses sur Dargo depuis la mission de janvier. Nous allons déjeuner pour repartir travailler sur une lettre que nous voulons envoyer aux donateurs « solidarité internationale » que nous posterons au Burkina. Ça nous prend bien 2 heures de travail pour rédiger et évaluer les coûts de cet envoi.

Jean arrive à 17h suivi de Louis David Sawadogo et de Joseph . Les deux présidents prennent le temps de se présenter et d’échanger un peu. Nous nous mettons d’accord sur la teneur de l’entretien que nous aurons le vendredi avec l’Union régionale des Caisses populaires. Tout le monde est d’accord pour arrêter la convention qui nous lie aux caisses mais il faudra que Nasongdzanga soit vigilante sur l’utilisation des fonds et que l’équipement des ateliers corresponde à la fois à un besoin et à une utilisation viable.

A 18h, nous prenons un taxi avec Jean pour aller chez le Maire de Dargo qui est aussi le chef coutumier. C’est sa femme qui nous accueille. Nous deux hôtes s’inquiètent de l’organisation du séjour des jeunes d’autant plus qu’ils seront peu disponibles car ils accueilleront en même temps le Maire d’Evain Malmaison (62). Nous les rassurons car nous avons déjà préparé le séjour avec Christophe et Ernest sans compter le travail fait par les jeunes et Léa. Il recevra de toute façon les jeunes et leurs animateurs. Nous parlons des projets futurs pour Dargo (électricité, téléphone, lotissement, maisons en dur, jumelage, magasins supplémentaires pour fidéliser les fonctionnaires…). Les idées ne manquent pas et le maire est confiant dans les capacités de la population de Dargo à se mobiliser pour améliorer les conditions de vie. Nous lui disons combien nous sommes impressionnés par l’envergure, la maturité et le sérieux dont font preuve les membres du CGV ; Jean en particulier. La soirée est sympa et nos rapports très chaleureux. L’épouse du maire nous parle des difficultés à se soigner au Burkina, des problèmes de scolarité (notamment à Dargo) et de leurs rapports avec la France (2 de leurs filles y sont mariées mais eux, ne souhaitent plus retourner en France car c’est devenu trop cher). On se régale d’un délicieux poulet grillé et les moustiques se régalent de nous (particulièrement de Brigitte). A 22h, nous demandons la route et Abel et Jean nous ramènent à l’hôtel.

Jeudi 27 septembre

Nous avons un rendez-vous à 10h avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Jean et Joseph arrivent à 9h à l’hôtel. Nous prenons un taxi pour aller d’abord faire faire les photocopies pour la lettre aux donateurs. On avait compté large (30 minutes) pour arriver en avance à notre rendez-vous au 19 d’une des avenues principales de Ouaga. Mais c’est pas la bonne adresse et personne ne connaît la Francophonie. Thomas cherche les noms sur les gros bâtiments, Joseph demande aux commerçants et on finit par appeler l’OIF. C’est à l’autre bout de l’avenue (n° 1000 et des poussières) et c’est au premier étage d’un immeuble anonyme. Ouf, il est 10h, et nous avons trouvé. Nous sommes reçus par Madame Ouadba (Correspondante Nationale auprès de l’OIF). Elle nous explique le fonctionnement de l’OIF et sur quel budget vient notre subvention. Elle nous dit que 4 000 projets sont déposés à chaque concours deux fois par an au niveau de l’ensemble des pays membres. Seuls 40 de dossiers sont retenus dont le nôtre ! Nous sommes surpris. L’innovation compte beaucoup dans la sélection et la priorité est donnée à l’accès à l’eau. Nous pensons que c’est l’aspect formation (au Burkina et en France) et gestion communautaire de l’eau qui a séduit le comité d’attribution. Elle nous dit que beaucoup d’associations viennent la voir (même chez elle) pour l’OIF mais aussi pour les réseaux de financements divers qu’elle connaît bien sur le Burkina. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd pour Jean (association Nasongdzanga) et Joseph (centre de formation FIJAS) qui pensent déjà au prochain projet qu’ils vont lui soumettre. Nous pensons que cette dame est un relais de qualité sur Ouagadougou.

A la sortie, commence un long périple à pied à travers la ville avec des arrêts à la banque, à la poste et pour reprendre les photocopies. Après 1h de marche, nous nous arrêtons dans un petit restaurant sénégalais. La dame nous fait commander et, après, nous amène la carte. Nouvelle technique commerciale pour nous faire dire « J’aurais bien commandé ça, je reviendrai donc une prochaine fois ». Cadre sympa, cuisine super bonne et peu d’attente : pour les mouches aussi, c’est une bonne adresse. Attention toutefois : le 7/7 (sur photo) fonctionne mais pas le dimanche.

Retour à l’hôtel pour une douche indispensable et nous plonger dans la validation des justificatifs de dépenses. Mais maintenant, nous sommes rodés : saisie, marquage du numéro de pièce, coup de tampon, photo, signature et vérification des sommes. Tout est en règle. Nous faisons ensuite ce compte rendu (2 jours à rattraper). Désolés pour les photos mais maintenant c’est « hôtel-hôtel ». On s’apprête à aller envoyer ces nouvelles et autres mails mais surtout à mettre sous pli 265 enveloppes et timbres à coller. Ce sera à peu près tout pour aujourd’hui mais peut être que l’on prendra une autre bière ce soir pour se réhumidifier la langue.

mercredi 26 septembre 2007

Mission Burkina 6

mardi 25 septembre 2007

Réveil 6h00, petit déj’ avalé, départ à 7h30. Nous passons par le Service provincial de la Santé où l’attestation de don de l’ambulance nous attend.

Vers 8h30 nous arrivons à Dargo pour un rendez-vous avec les groupements à 8h : Seules 4 personnes nous attendent. Nous en profitons pour aller saluer l’agent de santé qui est toujours aussi débordé. Nous lui prenons 5 minutes pour lui demander de nous préparer les données dont nous avons besoin (nombre d’évacuations, nombre de maladies hydriques et évolutions, nombre de sensibilisations effectuées, nombre de personnes touchées ). Nous le remercions pour la précieuse collaboration des services de santé depuis le début du projet. Nous l’informons du projet d’extension de l’adduction d’eau potable. Comme d’habitude, il est ok pour continuer les sensibilisations d’autant plus qu’en cette saison des pluies, les gens sont aux champs et consomment de l’eau de mauvaise qualité à quoi s’ajoute la saison du paludisme. Nous lui laissons une trentaine de petites ambulances « Médecins du SPF » pour les enfants malades.

A 9h30, nous revenons à la salle de réunion qui se remplit petit a petit. Pour faire patienter tout le monde, Jean et Ernest mettent la télé. Pendant ce temps, Jean nous explique ce qu’il a l’intention de dire aux groupements. Ça reprend ce que l’on a dit hier, il vaut mieux que les groupements aillent directement demander des micro-crédits sans mentionner le nom du projet Dargo.

La réunion commence avec une trentaine de présents (nous serons soixante à la fin). C’est Jean qui dirige la réunion pendant qu’Ernest s’assied auprès de chaque participant pour noter son nom et son groupement. Comme des gens arrivent pendant toute la réunion, Ernest ne va pas arrêter. Après les exposés de Jean, Joséphine pose des questions que la majorité de la population se pose mais n’ose pas demander. (Pourquoi tout le monde doit payer l’eau ? pourquoi l’ambulance a été donnée au service de Santé ?). Pour les micro-crédits, les groupements sont unanimes pour mettre la pression sur les bouchers. Même si cette activité s’arrête, c’est la réputation de Dargo qui est en jeu. Visiblement, les sensibilisations n’ont pas été suffisantes car certaines personnes pensent encore que l’argent devait être donné aux groupements sans qu’ils aient à rembourser. Ah l’argent du Nassara (du blanc) ! On insiste sur le fait que notre aide aux groupements s’arrête là et que c’est à eux de chercher leurs propres ressources. Jean répond à des questions sur le fonctionnement de la nouvelle association de gestion notamment les dates du renouvellement de bureau. Nous parlons du projet d’extension qui, bien sûr, rencontre l’adhésion de tous. Une fois de plus, nous sommes heureux de participer à cette rencontre où les gens sont attentifs, pertinents, compétents, posent des questions et s’informent. Cet échange direct avec les bénéficiaires est fondamental, d’autant plus qu’ils sont très francs entre eux et avec nous. Le rencontre se termine à 11h30 par une projection, sur la télé, des photos prises pendant la réunion. Mais le pompon, c’est le tiercé en direct de Maison Laffitte ; ils sont tous excités et scotchés (hommes, femmes, petits grands, vieux). C’est sans doute le meilleur tiercé que nous avons vécu. Progressivement, nous nous séparons en saluant chacun chaleureusement.

Nous allons manger, le 4x4 est rempli. Nous commandons 12 riz sauce que nous partageons avec les responsables locaux du projet. C’est notre dernier riz sauce ! Nous prévoyons les repas pour les jeunes avec Christophe puisque c’est sa femme qui les préparera. Nous lui laissons 20 000 cfa pour qu’il puisse acheter les premiers ingrédients.

A 14h, départ pour Ouaga avec Jean et Joseph. La route habituelle est rouverte. Le passage est tendu au niveau du barrage qui a cédé sous les violentes chutes de pluies. A plusieurs endroits, la route s’est affaissée et nous avons juste la place de passer. Nous arrivons à 19h à l’hôtel juste à temps pour une bonne douche qui coule bien (rien à voir avec le goutte à goutte de Boulsa). Brigitte apprécie particulièrement de ne pas partager ses toilettes avec tout un tas de bestioles. Repas du soir gastronomique : salade composée et petites brochettes de bœuf.(pour 5 euros à 2)

Il est 21h30 et nous finissons ce compte rendu.

lundi 24 septembre 2007

Mission Burkina 5

lundi 24 septembre

Debout avant 6h30, on a oublié hier soir d’envoyer un mail à Charlotte (responsable des cofinancements au siège national) pour lui demander le document officiel envoyé à la Francophonie et pour lui demander de donner son avis sur la convention de partenariat SPF 77 – Association Nasongdzanga que nous avons rédigée. A 7h30, départ pour Dargo après avoir récupéré la pièce manquante de la parabole qui est arrivée à Boulsa par le car d’hier après midi. Joseph, Christophe et Ernest nous racontent la soirée –télé d’hier soir ; salle bondée, fenêtres prises d’assaut et tout le monde ravi par la qualité des images !! Mais, parce que , comme d’hab au Burkina il y a un mais, il manque encore une pièce au niveau de la réception des chaînes et il n’y a que 8 chaînes au lieu des 80 attendues ! Le technicien envoie « un petit » avec la pièce à changer !!

La matinée va être consacrée aux problèmes rencontrés par les micro-crédits. Aux caisses populaires, les groupements qui veulent emprunter doivent réunir plusieurs conditions :
- avoir 20% de la somme demandée en épargne et cette somme est bloquée jusqu’au remboursement total
- avoir un compte actif depuis plus de 3 mois
- avoir une garantie suffisante (garantie matérielle, caution solidaire)

Le projet permet de lever la contrainte des 20% ; c’est ce qui s’appelle l’épargne nantie. Cette activité micro-crédits , qui nous semblait essentielle pour développer des activités économiques sur Dargo, a peu fonctionné. Nous devons , avec les partenaires, voir pourquoi et en tirer les conclusions pour l’avenir

A 9h++, rencontre avec les responsables du groupement de bouchers qui n’a pas remboursé la totalité de leur micro-crédit. Ils invoquent deux raisons : le décès d’un membre du groupement et l’achat (de bonne foi) d’un bœuf volé qui a été saisi par la police. Joséphine donne l’avis général du village : « ils ont les moyens mais c’est de la mauvaise volonté ». Tout le monde a insisté sur le fait que ce non remboursement bloque l’accès des autres groupements aux micro-crédits et qu’il porte aussi le discrédit de tout le village sur ce groupement de bouchers. Le président du groupement dit qu’ils feront tout pour rembourser rapidement et « lever ce nuage sur leur réputation ». Le groupement de bouchers, comme Joséphine, souligne le fait que les caisses profitent de cette situation pour bloquer les prêts avec un fonds d’épargne nantie appuyé par un partenaire.

Sur proposition de Jean, nous nous mettons d’accord avant d’aller voir les caisses populaires.

Nous sommes reçus en fin de matinée par une animatrice des caisses populaires de Dargo. Plusieurs points sont abordés :
- l’animatrice annonce que tant qu’un groupement n’a pas remboursé, il n’y a pas de possibilité d’accorder de nouveaux crédits. Pour nous, ce n’est pas stipulé dans la convention.
- Elle dit aussi que les gens pensent que le SPF a déposé des fonds pour les micro-crédits et ne comprennent pas que c’est simplement le fonds d’épargne nantie.
- En ce qui concerne le groupement qui n’a pas remboursé, le CGV n’a pas eu connaissance ou pas retenu ce dossier. Selon le CGV, ils sont passés en direct en utilisant le nom du projet.
- Par rapport à la fin du projet, nous lui signalons que le fonds doit revenir maintenant à l’association Nasongdzanga (ex CGV) conformément à la convention signée avec l’Union Européenne. L’activité des micro-crédits ne sera pas pérennisée par Nasongdzanga puisqu’il apparaît plus facile aux groupements d’obtenir un micro-crédit en direct plutôt que de passer par le fonds d’épargne nantie
Il semble que la caisse populaire de Dargo connaisse des difficultés propres qui rejaillissent sur l’accès aux micro-crédits.

Ce qui nous (Brigitte et Thomas) a le plus impressionnés, c’est que ce sont les amis de Dargo qui ont mené la discussion. Jean, relayé par Joseph, a soulevé chaque point sans se laisser influencer par notre interlocutrice. Il y a 3 ans, Jean avait besoin d’un interprète pour une discussion en français ! La conclusion de cette réunion est que le CGV donnera désormais la consigne aux groupements de déposer directement des demandes de micro-crédits. D’autant plus que les Caisses Populaires viennent d’abaisser le seuil des20% d’épargne préalable.

A 12h30, traversée du marché sous le cagnard. On voit qu’on est en saison des pluies et que beaucoup sont aux champs car le marché est presque vide.

Nous commandons sucreries, bières et …….. (no comment). Le CGV s’attendait à ce que l’on revienne le 8 novembre pour fêter la fin du projet Dargo et ils auraient souhaiter faire une grande fête populaire avec masques, danses. Nous leur disons que ce n’est pas possible sauf s’ils nous payent le voyage, et encore, il y a un peu un congrès pour le Secours pop. Ils cristallisent beaucoup sur nous deux et on leur parle de toute l’équipe qu’il y a en France autour du projet Dargo. Ils nous demandent une photo de nous deux avec nos conjoints et nous leur proposons une photo de tous les gens qui ont bossé sur le projet – faites vous beaux pour le congrès… et la photo ; en attendant, Thomas photographie ceux qui ont bossé sur le projet au Burkina. Nous reparlons encore de la venue des jeunes.

Nous partons voir et photographier le logement d’enseignant construit dans le cadre du projet. Il est occupé depuis l’année dernière. Nous photographions aussi différentes réalisations financées par le SPF 77 depuis 1999 (banque de céréales, arbre de l’école, cantine scolaire, …) et aussi des vaches presque grassouillettes. Nous passons aussi au centre de santé pour photographier l’ambulance et voir avec le major les données par rapport aux maladies hydriques et aux sensibilisations sanitaires. Nous devrons repasser demain, car tous les agents de santé (3) sont en pleine séance de vaccination des nourrissons. Travail à la chaîne mais avec seringues à usage unique !

Nous repassons au centre communautaire pour donner la convention à Nasongdzanga afin qu’ils puissent en discuter et la modifier. Nous convenons que Jean viendra avec nous à Ouaga pour rencontrer la représentante de la Francophonie, le SPB et les caisses populaires de Koupéla. A ce moment, Christophe arrive en vélo avec un immense sourire pour nous montrer la télé en marche. Pur moment de bonheur : nous regardons ensemble un épisode de Max la Menace. Le spectacle est largement plus dans la salle qu’à la télé. De chaîne en chaîne, Christophe trouve un match de foot en anglais (Cameroun – Autriche). La convention attendra mais pour nous c’est retour sur Boulsa.

En relisant la convention, nous ajoutons pas mal de choses oubliées : en particulier nos propres obligations. Nous joignons le président du SPB pour un rendez-vous et obtenons un rendez-vous avec l’Union régionale des Caisses populaires pour vendredi matin. Il est 20h, nous allons manger nos crudités.

Mission Burkina 4

dimanche 23 septembre 2007

C’est Dimanche alors on prend 2 heures pour petit déjeuner. Ensuite, on commence à rédiger une convention SPF-Nasongdzanga pour l’extension des bornes fontaines.

On retourne à Dargo. Le technicien qui doit installer la TV est là mais il lui manque une pièce pour la parabole et du ciment pour le socle. Donc, départ de notre véhicule (sans nous) pour Piéla (17km de piste) pour faire faire la pièce manquante par un soudeur et acheter un sac de ciment. Pendant ce temps, une discussion avec Ernest, Tinda et Joseph encore sur les micro-crédits et la meilleure façon de communiquer aux gens de Dargo et sur l’organisation pratique de la venue des jeunes de Varennes. Nous leur donnons les photos faites par les jeunes. Nous donnons aussi tout le matériel de communication du Secours pop ; tee-shirts pour les fontainiers, calculettes pour les gestionnaires, stylos pour le bureau de l’Association Nasongdzanga et petites ambulances pour les enfants blessés ou malades au centre de santé.

La télé est déballée de son carton et pendant que nous mangeons des beignets que Thomas a dégoté au marché pour éviter le riz-sauce, tout le village vient nous dire bonjour, prétexte pour venir voir la TV. Les femmes chantent et dansent et les hommes commentent déjà les prochains matchs de foot. Même le pasteur est du voyage. Ca fait vraiment plaisir. Un grand merci aux amis de Pontault de la part de Dargo pour ce très beau cadeau. « On est béni des dieux » dit Christophe. L’ambiance est super sympa mais on est obligé de quitter si on veut bosser un peu. Vers 17h, de retour à Boulsa pour travailler sur la future convention de partenariat.

Petite explication du projet d’extension de l’adduction d’eau : c’est un projet que nous avons monté cet été à partir d’une opportunité offerte par l’Organisation Internationale de la Francophonie. Nous avons obtenu une subvention de 22 800 euros. Il s’agit d’augmenter le nombre de points d’eau potable dans Dargo et de réparer des forages. L’adduction d’eau sera alors complètement viable financièrement et autonome. Des sensibilisations et formations sont aussi prévus sur Dargo ainsi qu’un budget pour intervenir sur l’éducation au développement en Seine et Marne. Nous attendons aussi une subvention de 5 000 € du Conseil Général mais nous attendons surtout l’approbation du comité départemental du 5 octobre prochain puisque tout s’est décidé cet été et que nous ne sommes pas encore réunis.

On mange une salade de crudités et nous rentrons envoyer des mails à Lulu et Léa et taper ce compte rendu. Fin du travail estimée : 22h30…

samedi 22 septembre 2007

Mission Burkina 3

samedi 22 septembre 2007

Réveil dur-dur, nuit trop chaude, bestioles, etc. Nous imprimons les documents pour la réunion avec le CGV. Départ à 8h30 pour Dargo sur une piste correcte.
Une arrivée dans Dargo qui nous fait plaisir, là encore c’est tout vert, le mil est très haut et les troupeaux sont beaux. Un comité de gestion villageois bien masculin nous attend au centre communautaire (Elise est en formation et Joséphine est absente). Ce n’est plus le CGV, mais le bureau de l’Association Nasongdzanga (« le bien pour tous » en moré). Roland, animateur du centre professionnel a rejoint le bureau. Nous discutons longuement des différents points d’avancement du projet et des points à régler avant la fin du projet (micro-crédits, propriété de l’installation, vérification du fonctionnement de l’adduction d’eau, sensibilisation à la scolarisation et à l’apprentissage, formation du Comité de gestion de l’eau,…).

A 12h30, nous sommes invités par Nasongdzanga à déjeuner le si célèbre « riz-la-sauche » de Dargo. Avec un peu de piment, nous faisons honneur au plat ! grande discussion sur la place des immigrés en France , sur le niveau de vie de nos 2 pays , sur les « cultivateurs » français. La France reste l’Eldorado que les burkinabè rêvent de connaître !! Fin de discussion sans Thomas qui se prend un petit acompte de sieste .

Retour sur Boulsa dans l’après midi, on s’octroie ½ heure de break. Nous préparons ensuite ce que nous devons faire sur Dargo (photos, rencontres des groupements et des services) : entre la fin du projet UE, le début du projet Francophonie, des photos pour le congrès et la venue de jeunes de Varennes, on se mélange un peu les crayons, donc, il faut noter !

Mission Burkina 2

Suite du 20 septembre
Dominique, la trésorière du SPB passe nous chercher à 18h++. Plein de gros nuages, tout le monde est paniqué dans les rues pour arriver avant l’orage.
Pb, nous avons rendez-vous au centre FIJAS (association de formation des jeunes présidée par Joseph) à l’autre bout de Ouaga et Dominique ne connaît pas bien la route et ne voit pas grand-chose sous la pluie et dans la nuit. Arrive ce qui devait arriver, nous sommes perdus dans la banlieue de Ouaga, sous des trombes d’eau, dans des rue pas goudronnées, à deux doigts de s’embourber… on n’est pas très fiers. Vers 19h, après avoir demandé notre route à 2 reprises, nous arrivons à la FIJAS. Nous échangeons sur la situation du SPB, de son futur et la collaboration avec la Fédération jusqu’à la fin du projet et sur l’extension. La réunion dure jusqu’à 21h++ (cf Compte rendu de réunion 20 septembre 07 – SPB). Joseph, en hôte, nous invite à boire un verre avec les membres du bureau. A 22h, nous nous quittons. Extinction des feux à 22h30 … sans manger !!

Vendredi 21 septembre 2007

Nous nous réveillons spécialement pour voir enfin la cérémonie du faux départ du Mogho Naba (Chef traditionnel de tous les Mossis). Le palais du Mogho est à 200 m de l’hôtel et cette cérémonie à lieu tous les vendredis matins (7h30). Deux versions s’affrontent : la première dit que le Mogho veut partir en guerre et ses ministres lui conseillent de rester, il se range à leur opinion. La seconde dit que le Mogho veut aller rechercher son épouse préférée alors que les ennemis attaquent. Ses ministres lui disent qu’il doit rester avec le peuple. Dans les deux cas, rassurez-vous, le Mogho ne part pas. Tous les vendredis, c’est le Mogho lui-même, la cour coutumière et tous les chef présents sur Ouaga qui rejouent cette cérémonie du faux départ. Le tout est assez lent, bien sûr en retard, mais c’est une institution qui dure 20 minutes et que l’on ne regrette pas d’avoir vue… comme beaucoup de Nassara (blancs). Vous ne verrez pas de photo parce que l’on n’a pas le droit d’en prendre.
Départ pour Boulsa dans un Toyota très chouette avec pour chauffeur : Fabrice, un chauffeur mécanicien ouagalais. Pour la première fois depuis le début du projet, nous devons passer par Kaya (plus au nord que la route habituelle). Les pluies trop abondantes et violentes ont détruit les ponts ou noyé les bas-fonds. Nous avons quand même le plaisir de rouler dans un Burkina tout vert et c’est « pour le plaisir des yeux ». Il y a des plantations partout (même au centre de Ouaga), des arbres, des fleurs, des oiseaux et des vaches presque grasses.

Nous avons fait le bon choix, la route est bonne (moitié sur goudron et moitié sur piste) et nous avons mis 3 heures pour arriver à Boulsa soit le même temps que la route habituelle (Fabrice fonce sur le goudron mais précision pour nos familles, il conduit très très mais alors très bien).
Nous nous installons, comme d’habitude, à l’association Nasongdo ; il faut dire que la concurrence n’est pas exacerbée dans l’hôtellerie à Boulsa. Un spaghetti gras et une sieste plus loin, nous préparons les entretiens que nous aurons sur Dargo à partir de la convention originale (de 2004), de l’évaluation externe faite en février 2007 et des courriers que nous avons échangés avec le Comité de Gestion Villageois (CGV) et le SPB. Le point qui nous préoccupe le plus, c’est l’avenir des micro-crédits qui semblent très difficiles à gérer sur Dargo… à voir très attentivement.
A 16h30, nous rencontrons le Médecin chef de la Province (Dr Idrissa Sawadogo) toujours aussi ouvert et compétent. Il commence par s’assurer de notre bonne hydratation. Nous lui demandons de nous préparer une photocopie du protocole d’utilisation de l’ambulance (uniquement transport des malades, des médicaments ou la réparation du véhicule). Cette ambulance a déjà beaucoup servi. En plus, sur Dargo, l’Etat a mis à disposition un employé municipal comme chauffeur. Toutes les communes du département cotisent pour son entretien. L’Etat prend en charge les frais de certaines évacuations (accouchements notamment). Les services de santé sont aujourd’hui en réunion pour réfléchir à une assurance santé-évacuation pour tous au niveau de la Province du Namentenga. En discutant, nous apprenons aussi que les progrès continuent dans la lutte contre le paludisme avec de nouvelles molécules génériques, des traitements démarrant plus tôt… Pour l’ambulance, il fait rechercher le document et nous aurons la photocopie lundi prochain.
De retour dans les chambres, nous découvrons que nous avons accès à un réseau Wifi directement de nos ordinateurs. (Petite précision, nous avons 2 ordinateurs, une imprimante, des clés USB, un appareil photo numérique pour pouvoir tout faire sur place). C’est donc de la Cyber-chambre de Brigitte que nous envoyons ce compte-rendu !!! Quant on pense qu’en 2003, on avait dû téléphoner pour donner des nouvelles vu que la connexion sautait tout le temps.

Nous avons terminé la journée du vendredi par un repas festif : salade de crudités + haricots verts + banane. Waouh ! (hé oui Daniel, la bouffe est toujours aussi importante pour nous)

jeudi 20 septembre 2007

Mission Burkina 1

Mercredi 19 septembre :

Brigitte s’est remise dans le bain en relisant tous les documents officiels et l’évaluation externe réalisée par un bureau d’étude de Ouagadougou. Arrivée de Thomas par Air Burkina dans l’après midi.

Arrivée à l’hôtel Zem Batik pour s’installer et vite enlever le pantalon et la chemise en échange du tee-shirt et des tongs, il fait 30°c ! Première discussion avec Joseph (le chef de projet) pour caler les différents rendez-vous à prendre. Nous lui demandons de voir pour la TV et la parabole prises en charge par le comité de Pontault-Combault à destination du centre communautaire de Dargo. Nous demandons aussi à Abel Zidouemba (Association des ressortissants de Dargo à Ouaga) de faire, lui aussi, marcher son réseau.

Nous dînons, à l’hôtel avec Louis David Sawadogo, président du Secours populaire burkinabé (SPB). Il nous parle longuement des difficultés rencontrées par le SPB, l’historique de l’association, des malversations de l’ancienne présidente. Débriefing à deux après le départ de LD Sawadogo.

Dodo 22H00

Jeudi 20 septembre 2007 :

Rendez-vous à 7h30 pour le premier petit déj’ burkinabé de Thomas qui retrouve avec plaisir le bon vieux Nescafé robusta du matin (mais Brigitte triche avec un 100% arabica de contrebande).

Nous allons changer les Euros et à 9h30, coup de téléphone de Joseph : la tv et la parabole sont trouvées pour 800 € : c’est beaucoup plus rapide que Darty avec les installateurs qui vont se déplacer sur Dargo. Du coup notre journée est plus calme…

Nous passons au cyber pour envoyer quelques nouvelles perso et surtout pour demander à Lulu de suivre le virement fait fin août au SPB qui n’est toujours pas arrivé.

Petite visite de courtoisie d’Abel Zidouemba qui a pris du grade depuis notre dernière mission (il est adjudant chef en télétransmissions). Il se charge de nous prendre rendez-vous avec le maire de Dargo mercredi prochain.

Dans la foulée, Joseph arrive pour aller commander la TV avec Thomas. Sur place, très bonne surprise, le lecteur DVD est compris dans le prix et la parabole peut recevoir 80 chaînes : « ce sera mieux qu’à Ouaga » dit Joseph. Ca va être la fête à Dargo surtout que le vendeur nous offre un DVD de Kung Fu qui est en langage universel…

Nous tournons un peu pour aller manger à 3 ou 4 blocs chez un restaurant togolais : riz sauce bière pour 1, 20 € par personne. De toute façon, tous les autres sont fermés. Ramadan ?

Après 30 minutes de repos, on se retrouve pour ce compte rendu et finir de prendre les rendez-vous : francophonie, délégation de l’Union Européenne, cabinet d’étude pour l’évaluation.

17h, nous nous préparons à rencontrer le bureau du SPB.