Dimanche soir : Ce soir : rédaction du compte rendu, prise de photo des cahiers de gestion du CGV eau et préparation des mails. Bertrand ose demander « poliment » à Brigitte si par tout hasard, elle aurait mangé les arachides données par le vieux, dans la chambre de Bertrand, en en mettant partout… Ah non ?! Bon alors il y a des souris dans la chambre de Bertrand !!
Lundi 02 Juin : Nous profitons de ce jour « ouvrable » pour rencontrer les différents services de Dargo. On commence, accompagnés de Ernest et Tiendé, par l’école B, école avec laquelle nous n’avons encore jamais travaillé. Nous sommes porteurs de la correspondance du Conseil Municipal d’Enfants (CME) de la ville de Vaux le Pénil : des lettres, des photos, une grande affiche, ainsi que 2 appareils jetables pour que les enfants de Dargo prennent des photos. Nous arrivons pendant la récréation, une marée de petites têtes noires vient à notre rencontre très calmement. Les enfants nous saluent avec une petite révérence : c’est adorable. Quand le directeur leur dit de retourner en classe, ils s’en vont tranquillement. On est super impressionné.
Nous entrons dans la classe de CM1 du directeur où Brigitte expose la proposition du CME de Vaux le Pénil. Le silence règne, les enfants écoutent en souriant et le directeur est d’emblée enthousiaste. Nous en profitons également pour remettre la fresque réalisée à la fête de la solidarité en Juin 2007 avec les enfants partenaires du SPF 77. Nous prenons quelques photos et visitons l’école. Les effectifs sont de 52, 94, 84 et 75 élèves suivant les classes. Dans chaque classe on retrouve les mêmes leçons qu’en France : conjugaison au présent, coupe de la dent, poésie, carte du pays, multiplication… Pour l’instant l’école n’a que 4 classes, dont une provisoire en paille tressée. Le directeur nous explique que tous les enfants ne peuvent être scolarisés faute de local. Petit rappel : il y avait 5 classes en 2002 à Dargo avec moins de 50 élèves par classe. Il y a maintenant 13 classes qui fonctionnent.
Direction le Centre d’Education de Base Non Formelle : Roland et le directeur nous font visiter le centre, peu d’élèves, nous assistons à une séance de tissage. Ensuite, nous rencontrons la responsable des Caisses Populaires. Nous échangeons sur l’avenir de la caisse de Dargo, menacée par les difficultés de remboursement (le groupement des bouchers n’a toujours pas soldé son prêt) et la mauvaise gestion de la caisse. Nous repartons avec 2 beaux T-Shirts Caisses Populaires du Burkina et retournons déjeuner au local.
Nous discutons tranquillement en attendant le rendez- vous avec le major du centre de santé fixé à 15h. Nous commençons à aborder les relations entre la mairie et Nasongdzanga. Ernest et Roland nous suivent au Centre de Santé et de Promotion Sociale. M. Zongo Issa, major, c’est à dire infirmier chef, et M. Guiré Konon, infirmier nous reçoivent. Nous abordons la question de la sensibilisation de la population à la consommation d’eau potable. Ce n’est pas un problème puisque cela correspond à une rubrique de leurs interventions : Hygiène et Assainissement. Ils interviennent d’abord sur l’assainissement des points d’eau : ne pas laisser les eaux stagnantes, respecter une certaines distances entre les tombes et les points d’eau et mener une gestion communautaire. Le principal problème et de combattre les idées fausses. Par exemple : l’eau de la pompe donne des maux de tête. D’une façon générale, une partie de leur travail consiste à combattre les rumeurs en les étudiant et en en parlant avec la population. Ils font des assemblées générales en soulevant les problèmes et c’est les gens eux-mêmes qui trouvent les solutions par la discussion.
Sur Dargo les gens utilisent facilement l’eau des forages. En dehors de ce chapitre sur l’eau, ils font des formations en fonction des besoins immédiats. Il existe une maladie liée à la consommation de l’eau du barrage et des mares comme eau de boisson. On retrouve surtout cette maladie pendant l’hivernage et aussi parce qu’avec les pompes abîmées, les gens doivent faire plus de 5km pour trouver une eau propre alors que la mare est à 500m. « Il n’y a pas de problème pour ces sensibilisations, à quoi sert de laisser quelqu’un malade quand on peut prévenir ». Le CSPS de Dargo couvre 10 villages, soit 11 696 habitants, ils sont 4 personnels de santé. « L’ambulance nous permet de sauver des vies, il y a eu plus de 40 évacuations entre Mai et Décembre 2007 ». Hier il y a eu une évacuation et il y a 3 jours c’était pour une hernie étranglée. Dans ces cas d’urgence le temps de la prise de décision compte beaucoup. Encore une fois, nous rencontrons beaucoup de compétences et de dynamisme avec le personnel de santé.
Après ce riche entretien et toute les rencontres du matin, nous somme enthousiastes sur les projets que nous menons : ils correspondent bien aux besoins de la population, et celle ci s’est en vraiment emparé avec l’appui de services compétents. Petit tour au marché de Dargo, très coloré, calme et chaleureux. On achète des beignets et des mangues, nous saluons quelques groupes de vieux (Bertrand devient un des leurs pour quelques photos), les enfants nous suivent, beaucoup de gens nous reconnaissent et nous saluent : encore un très bon moment.
Retour sur Boulsa et préparation de la réunion du lendemain avec Nasongdzanga et des documents que nous devons signer avec eux. Le repas diffère pour Brigitte (vache qui rit, mangue) et pour Bertrand (riz gras, vache qui rit, mangue) mais un élément reste commun : la température qui ne baisse pas et les douches obligées pendant la nuit. Ca tombe bien on n’a pas de thermomètre, nous serions fatigués rien qu’à le regarder.