Mardi 19 janvier
Dès 9h +, nous retrouvons les femmes du bureau de Pag la Zaka pour construire le projet qui est de renforcer la banque de céréales .
Il faut 1 sac de céréales de 100kg pour une famille de 10 personnes par mois, 1sac de mil coûte 13 000 FCFA soit 20€ et un sac de maïs coûte 18500FCFA. La banque vend les céréales à un prix social.
5 femmes sont présentes dont la présidente : Joséphine Bikienga, les autres arrivent peu à peu certaines avec leur bébé. 8 hommes sont présents car ils ont l’habitude d’appuyer les femmes dans leurs activités
Les femmes ont décidé de renforcer la banque de cérales par un projet d’engraissement de moutons ; les bénéfices de la vente iront à la banque de céréales , ce qui permettra d’acheter plus de grains.
Elles construisent le projet entre elles en se posant et en répondant à des tas de questions : achat de moutons + des sacs de son + vaccination et engraissage et revente, qui fait quoi, comment….
Les femmes souhaitent avoir des formations : 2 personnes par groupement soit 32 femmes recevront une formation à la gestion et 25 auront une formation technique à l’élevage du mouton.
Le projet va avoir des retombées économiques sur 600 femmes et leur famille mais aussi sur la population de Dargo.
Nous abordons avec elles les problèmes de virement bancaire, elles ont un compte à la caisse populaire de Dargo, puis nous voyons les modalités de communication régulières entre la France et Dargo.
La réflexion et la réactivité de ces femmes nous semble un atout pour la réalisation de ce premier projet qui va servir d’exercice pour monter un projet, d’ici la fin de l’année, avec un bailleur institutionnel ou privé. ( avec l’appui technique du SPF mais sans son financement).
Nous terminons la réunion en leur offrant des « sucreries » (boissons sucrées)
L’après midi nous rendons visite à l’école qui entretient une correspondance avec le Conseil municipal des enfants de Vaux le Pénil. C’est une école à 5 classes dont deux salles sont en soko (salle en paille recouvert d’un toit de paille) ; les élèves sont entre 48 (pour les CP1 et 2) et 72 élèves par classe. Ils étaient en plein travail et semblaient très sages comme le montre la photo.
Nous rentrons à Boulsa et mettons le projet (narratif et financier) par écrit en tenant compte de toutes les réponses faites par les Femmes de Pag la Zaka
Mercredi 20 janvier
Avant notre réunion avec le bureau de Nazongdzanga, nous passons à la caisse populaire de Dargo pour connaître des possibilités de transfert d’argent à partir d’une banque française en choisissant la solution la moins onéreuse. Nous irons, en fait, au siège des caisses populaires à Ouagadougou pour obtenir les renseignements précis et documents à remplir.
Nous retrouvons ensuite Jean, Tinda et Ernest trois principaux responsables du bureau de Nazongdzonga, il manque Joséphine qui s’est faite excusée.
Nous abordons le sujet des recettes inférieures aux dépenses en salaires sans compter les réparations à venir. Il faut trouver des solutions car si l’association peut fonctionner l’année 2010 avec ses fonds de réserve, elle risque d’avoir des difficultés en 2011. Les membres du bureau proposent d’augmenter le prix de la barrique en le passant de 60FCFA à 80FCFA pour une barrique de 200l (pour comparaison une banane coûte 50FCFA et une bière 600FCFA) et de rémunérer les fontainiers en pourcentage des ventes pour les inciter à vendre plus. Il faut aussi poursuivre la sensibilisation à l’eu potable.
En fin de matinée, nous avons été reçus par le maire Dargo qui a évoqué avec nous les problèmes de la commune en particulier celui des sacs plastiques qui est un fléau pour les animaux qui meurent étouffés en les mangeant. Il nous parle aussi du problème scolaire lié au fait qu’il n’y ait pas de lycée à Dargo ce qui oblige les familles à envoyer leurs enfants à Boulsa (35km) en pension ce qui représente un coût trop élevé pour beaucoup de familles. Les enfants arrêtent souvent les études à la fin de la 3eme et sont sans métier. Le maire nous dit que sa commune est pauvre et qu’il compte sur des associations comme Nazongdzonga pour renflouer les finances en prélevant un pourcentage des bénéfices. Nous lui répondons que si l’association n’a pas assez d’argent pour payer de grosses réparations, lui prélever une cotisation risque de la mettre en difficulté. Il espère que ces problèmes d’argent ne sont que passagers ; Nous repartons avec un cadeau du maire : deux poulets que nous donnerons au restaurant le soir pour qu’il nous les prépare car nous avons deux invités : Tinda et Christophe le comptable de la mairie de Dargo.
L’après midi nous rencontrons, avec deux représentantes des femmes de Paz la Zaka, les responsables de la maison des femmes, association qui regroupe les femmes des 8 départements du Namentaga. Les activités de cette association sont l’apprentissage de métiers, l’alphabétisation, les manifestations diverses comme la journée de la femme.
Nous faisons part du projet avec les femmes de Dargo et Chantal, membre de Paz la Zaka détaille le projet. L’association propose d’apporter, si nécessaire, une aide aux femmes de Dargo.
Jeudi 21 janvier
Dernière rencontre avec les femmes du bureau de Paz la Zaka (toutes ne sont pas présentes, il y a deux mariages à Dargo car le curé est de passage)
Tinda, qui nous a servi d’interprète tout au long des autres réunions, traduit en moré le projet initial, les femmes discutent point après point, demandent certaines modifications tant dans leur gestion de l’élevage que dans des aspects financiers. Elles choisiront en assemblée et en réunion de bureau les femmes, dans chaque groupement, qui prendront en charge un mouton et proposent que ces femmes soient rémunérées.
Nous leur rappelons qu’il est essentiel qu’elles tiennent à jour leurs cahiers de réunion, les comptes rendus d’activité. Ces documents seront une preuve qu’elles sont capables de gérer un projet lors du montage du projet avec bailleur extérieur.
Brigitte est allée voir l’infirmier pour obtenir des renseignements chiffrés concernant la santé, ils sont à Boulsa mais l’infirmier lui confirme les progrès…..
Nous prenons rendez-vous pour le mois de novembre et nous nous disons au revoir.
Tinda nous emmène voir le buisson sacré pour faire un vœu et nous devons nous engager s’il réussit à acheter une chèvre à pelage rouge pour le sacrifice, nous voilà entrées dans les coutumes burkinabé…Brigitte a su que son vœu a réussi donc elle achètera une chèvre pour le sacrifice.
Nous prenons un dernier repas avec Jean, Tinda et Ernest, toutes les femmes sont parties aux mariages. Au cours de ce repas, ils nous apprennent qu’ils font de la solidarité en aidant des enfants à manger à la cantine, en payant leur scolarité, ils ont envoyé 5000FCFA pour soutenir les populations en détresse suites aux inondations catastrophiques de l’automne au Burkina Faso. Nous reprenons la route pour Ouagadougou où nous arrivons dans les embouteillages par 29° à 18h. Nous retrouvons avec plaisir un hôtel sans poussière, on a un peu l’impression de rentrer à la maison….